Statu quo à Pôle Emploi Ajaccio : Un dialogue espéré, mais avec qui ?

Lundi matin, à l’ouverture des locaux de Pôle Emploi. Un huissier fait sa tournée. Les premiers employés sont sur place. La mobilisation des membres du syndicat est de mise. Les fanions aux couleurs du syndicat sont accrochés à la devanture. Tout se passe comme si de rien n’était. A l’intérieur, une agréable odeur de café. Les militants arrivent et commencent à mettre en place la conférence de presse du jour

« L’huissier de service est venu faire son inspection, le directeur régional est à Paris et nous sommes là, plus déterminés que jamais à faire valoir nos droits et ceux de nos cinq camarades injustement punis par une direction féodale » nous explique une porte-parole du syndicat et rappelle que jeudi dernier, après seulement une heure de grève, la police est intervenue pour faire évacuer les locaux de la direction régionale alors même que le syndicat préparait sa conférence de presse. Et d’ajouter :
« C’est grâce à la mobilisation des agents et à leur sang froid que le pire a été évité » glisse la porte-parole. Depuis, le syndicat n’a eu aucun contact avec le directeur régional malgré une demande de médiation auprès des services de la préfecture.

Le dialogue du roi…

La vie continue, la direction est occupée pacifiquement. Il se trouve - comme par hasard - que deux des cinq personnes interpellées qui ont été mises à pied ne sont autre que les deux responsables administratifs qui assurent de la paie en fin de mois. Ambiance…
Les revendications sont bel et bien d’actualité. Rien ne sera laissé au hasard tellement les salariés se sentent pleinement dans leur droit. Le syndicat crie haut et fort :
- Application immédiate des recommandations de l’Inspection du Travail
- Arrêt de la procédure déloyale et illégale
- Discussion avec la direction générale de Pôle-Emploi

Le fait du prince !
Et les syndicalistes d’ajouter : « L’avenir de Pôle-Emploi ne pourra pas se construire avec cette direction !»
Restons avec la porte-parole du syndicat pour rappeler qu’aujourd’hui :
« Chacun des salariés de Pôle-Emploi mesure l’impact de la mobilisation dans sa mission de service public. Les agents ne souhaitent qu’une chose, reprendre la lutte contre le chômage et la précarité. Il est clair que la direction ne partage pas ce sens des responsabilités. Par son absence de dialogue, le directeur régional a délibérément mis en place une crise qui va au- delà de Pôle-Emploi. Les rumeurs, l’entêtement de la direction qui refuse le dialogue, tout cela plonge au quotidien nos cinq collègues dans la détresse. Nous ne les abandonnerons pas tant que leur droit à la défense ne sera pas rétabli. Il est important que ces méthodes disparaissent et que tous les salariés de Pôle-Emploi n’aient plus à craindre « le fait du prince » !

Jean Brignole : Basta au management féodal…
Le secrétaire général du STC, Jean Brignole, était sur place hier matin. Il soutient fortement les salariés de Pôle-Emploi et dénonce la situation ubuesque :
« C’est à ne rien y comprendre. Nous sommes devant le « fait du prince » et cela ne peut pas durer ainsi. Des décisions ont été prises, il y a eu des mises à pied, des mesures conservatoires mises en œuvre alors qu’on sait que lorsqu’on prend de telles mesures, il y a urgence, gravité de la situation et danger. A la lecture des dossiers, des informations, les faits du directeur, on sent qu’il ne veut pas revenir en arrière en attendant la date du 11 juillet, que les personnes n’ont qu’à consulter leurs dossiers. Nous l’avons fait remarquer auprès du directeur de cabinet du préfet. Il est inadmissible qu’un directeur puisse mettre des gens pendant un mois hors circuit. Le directeur régional persiste et signe et il est de notre ressort d’interpeller l’opinion publique pour dénoncer ces faits. Aujourd’hui, Pôle-Emploi a besoin d’une autre image que celle d’une situation conflictuelle. Il y a des gens qui ont besoin de Pôle-Emploi, d’autres qui sont dans la précarité, il y a un besoin devant toutes ces visites que l’on constate à longueur de journée. Il serait temps que l’on revienne en arrière, que l’on annule ces sanctions, et s’il y a des procédures, qu’elles soient faites dans le respect des règles et des lois. Aujourd’hui, clairement, on n’en prend pas le chemin. Cette nouvelle conférence de presse est faite pour stigmatiser cette situation qui est inadmissible. »

Il est des méthodes qui ne passent pas ?
« On devrait s’attendre aujourd’hui à une nouvelle façon de faire, une bonne image différente. Les pratiques du passé resurgissent et les risques psycho-sociaux ont été stigmatisés depuis pas mal de temps. Des études ont été menées, des rapports ont été faits, et montrent bien cette situation. Celle que l’on vit actuellement n’est que l’arbre qui cache la forêt et démontre bien qu’il y a intransigeance de la part du directeur régional. Il est difficile d’avoir un dialogue, raison pour laquelle nous avons fait appel auprès des pouvoirs publics. Il y a aujourd’hui une atteinte à l’ordre public du fait de cette situation de blocage, une situation conflictuelle et que les demandeurs d’emploi de ce pays ont droit d’avoir un service de qualité. »

Seul un bon coup de pied dans la fourmilière serait salutaire ?
« Nous l’avions déjà relaté en octobre 2016, lors d’une conférence de presse pour dénoncer un gros problème psycho-social dans l’entreprise. Aujourd’hui, on prend des sanctions contre les gens sans qu’il y ait la moindre preuve. On ne sait pas ce que cherche le directeur régional. On voit beaucoup de gens de Pôle-Emploi en difficulté, en danger, à la fois les salariés de Pôle-Emploi et leurs bénéficiaires, on a grand besoin d’éclaircissement. Les gens de l’entreprise ne peuvent plus continuer à vivre dans une situation de ce type. Il faut qu’il y ait des décisions fortes qui soient prises, l’arrêt immédiat de toutes les sanctions et des procédures afin d’entrer dans une logique apaisée. »

José FANCHI



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