Pôle emploi frise vraiment la faillite

La France compte 5 millions de chômeurs, dont 3,2 millions totalement sans activité. Malgré le ralentissement de la hausse (+11 % sur un an), le drame humain et le gâchis sont énormes. En versant 33 milliards d'euros d'allocations, notre pays se flatte d'amoindrir le choc. Avant de découvrir 812 millions « d'indus » et que certains demandeurs d'emploi ont touché trop. Sans fraude volontaire, mais souvent parce que Pôle emploi fait des erreurs, comme il oublie aussi des versements.

Cette somme astronomique se divise entre de multiples petites opérations. Et soudain, déjà soumises à un revenu très amaigri, les victimes se voient imposer des « retenues » qui les enfoncent encore plus.

Née d'une fusion douloureuse il y a 4 ans entre l'ANPE et les Assedic, Pôle emploi peine à refaire surface. Dénoncée dés l'origine, son inadaptation est patente, avec environ 35 000 salariés d'accueil, pas toujours bien formés, et 17 000 en fonction administrative. Après un long gel des effectifs en pleine explosion du chômage, 2000 agents ont certes été recrutés en 2012, autant en plus pour septembre prochain, outre le transfert de 2000 salariés vers l'accueil.

Mais si un agent d'accompagnement peut suivre de 160 à 500 demandeurs, combien de dossiers traite un agent administratif ? Par manque de temps et de vérification, les erreurs ne peuvent que se multiplier au rythme des licenciements. Plutôt que d'accélérer les radiations d'allocataires, on pourrait aussi un jour simplifier les règles de déclaration, alléger le poids de la paperasse et ainsi faciliter les démarches des chômeurs comme le travail des agents et réduire les erreurs et les vraies fraudes...

L'EDITORIAL DE BERTRAND MEINNEL



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