Guillaume Bourdic, chez Pôle emploi : «L’impression de servir de gare de triage»

TÉMOIGNAGE

«Depuis cinq ans, les moyens de Pôle Emploi n’ont pas été à la hauteur de l’afflux des chômeurs, notamment chez les plus de 50 ans et les jeunes sans qualification. On parle beaucoup de la hausse des demandeurs d’emploi de catégorie A, mais ceux des catégories B et C (activité réduite) sont aussi en contact avec nous. Parallèlement, des collègues ont été affectés aux relations avec les entreprises. Ceux chargés d’accompagner les usagers se retrouvent avec plusieurs centaines de dossiers à gérer.

«On espérait beaucoup des plans de formation. Malheureusement, l’objectif s’est avéré surtout quantitatif. On nous a obligés à convoquer les usagers à des réunions pour remplir des formations en décalage avec leurs besoins ou peu qualifiantes. Retrouver un chômeur chez Pôle Emploi après six mois de stage, pour moi, c’est un échec. On a aussi fermé les agences l’après-midi, accéléré la dématérialisation des services et l’orientation des chômeurs vers des prestataires privés. Les tensions avec les demandeurs d’emploi ont augmenté, les arrêts maladie aussi. Nous ressentons un sentiment d’échec de plus en plus fort, l’impression de servir uniquement de gare de triage.»


Alexia Eychenne



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