"L'assurance-chômage est encore trop coûteuse"

Pour Bruno Coquet, expert associé à l'Institut de l'entreprise et à l'OFCE, "le système d'assurance-chômage n'est pas trop généreux. En revanche, il est trop coûteux pour ceux qui cotisent, salariés et employeurs..."

L'accord signé récemment entre les partenaires sociaux peut-il sauver le système d'assurance-chômage?

Il peut sauver la gestion paritaire! Mais le prix à payer est très élevé: augmentation des cotisations et baisse des prestations. L'accord se focalise sur le déficit de l'Unédic, alors que le système n'est en réalité pas déficitaire: le solde entre les cotisations payées et les prestations versées est positif depuis vingt-cinq ans! Ce qui met les comptes dans le rouge, ce sont les 3,5 milliards de subventions versées par l'Unédic à Pôle emploi et le milliard de financement de la politique culturelle par le biais du régime des intermittents. La caisse d'assurance-chômage des salariés n'a pas à supporter ces dépenses.

L'Unedic est-elle encore trop généreuse, comme certains l'affirment?

Non. Quand on compare l'ensemble des prestations (allocation chômage, aides sociales, aides au logement) versées à un chômeur, la France est au même niveau que l'Allemagne et dans la moyenne des pays de l'OCDE. Le système n'est pas trop généreux. En revanche, il est trop coûteux pour ceux qui cotisent, salariés et employeurs...

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Faut-il, comme le proposent Emmanuel Macron ou François Fillon, étatiser l'Unédic ?

L'Etat gérera-t-il mieux le l'assurance-chômage? Rien n'est moins sûr car il n'a pas de recette magique. Déresponsabiliser les partenaires sociaux en les sortant du système est, en outre, très risqué. Evincer les entreprises et les salariés d'un système d'assurance dont ils sont les principaux acteurs serait une erreur.


Béatrice Mathieu



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