Pôle emploi : les seniors et les précaires moins indemnisés

On sait sur qui pèseront les 900 millions d'euros d'économies visant à limiter le déficit de l'Unedic : les seniors de 50 à 52 ans et les précaires en activité réduite.

Attention, grands travaux ! On ne sait si l'accord sur le chômage trouvé le 28 mars par sept partenaires sociaux (CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, UPA, CPME et Medef) entrera en vigueur au 1er septembre ou au 1er décembre 2017, pour permettre à Pôle emploi de mieux s'y préparer. Mais on sait sur qui pèseront les 900 millions d'euros d'économies visant à limiter le déficit de l'Unedic (3,6 milliards en 2016) : les seniors de 50 à 52 ans et les précaires en activité réduite.

Ainsi les nouveaux privés d'emploi âgés de 50 à 52 ans seront indemnisés 24 mois, contre 36 précédemment. Pour être soutenus six mois de plus, ils devront mobiliser en fin d'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) les 500 heures de formation créditées utilement sur leur compte personnel. Un arbitrage cornélien puisque se qualifier plus vite augmenterait leurs chances de décrocher un job… mais réduirait la durée de leur accompagnement. Moins pénalisés, les chômeurs de 53 à 55 ans pourront se former six mois et percevoir 30 mois d'ARE. « Les droits des plus de 55 ans [36 mois d'ARE] ne changent pas », précise Michel Beaugas, de FO.

 


"Certains de ces demandeurs d'emploi en activité réduite subiront des baisses de revenu de 200€ par mois."


 

Autre catégorie ciblée : les précaires en activité réduite qui optimisaient leurs revenus en cumulant. Ils n'auront plus droit à une allocation journalière le week-end. « Certains de ces demandeurs d'emploi en activité réduite subiront des baisses de revenu de 200€ par mois » , critique la CGT. En revanche, 4 500 galériens à temps très partiel (de 2 à 3 heures par jour) seront indemnisés plus tôt par Pôle emploi. Un progrès.

CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC et le Medef défendent donc un compromis « équilibré » qui conserve l'Unedic dans le giron des partenaires sociaux. « Sinon, on ne sait pas où on va » , glisse Pierre Gattaz. Mais Emmanuel Macron veut, lui, que l'Etat reprenne en main l'assurance chômage. Or, le candidat a simplement assuré au Medef qu'il tiendrait « compte » de la future convention…


Laurence Dequay




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