Assurance chômage: le patronat revoit sa copie à la marge

Le patronat a présenté mardi aux syndicats une version retouchée à la marge de son projet sur l'assurance chômage, qui atténue légèrement les efforts demandés aux seniors, mais ne présente aucune nouvelle concession sur les contrats courts, point clef de la négociation.

Les négociateurs se sont retrouvés dans la matinée pour une deuxième séance de négociation. Au menu : le projet d'accord amendé et, surtout, les chiffrages réalisés par l'Unedic, le gestionnaire de l'assurance chômage.

Il n'y a "pas grand-chose de nouveau", a regretté Véronique Descacq (CFDT).

Avec son nouveau texte, le patronat est sur une "stratégie des petits pas", a estimé Michel Beaugas (FO), relevant qu'"il n'y a toujours rien sur les contrats courts."

Le patronat (Medef, CPME et U2P) propose toujours de renvoyer la question des contrats courts à la négociation dans les secteurs les plus utilisateurs, afin qu'ils élaborent eux-mêmes "les incitations pertinentes (...) permettant de modérer leur utilisation".


"C'est du vent", a assené Denis Gravouil (CGT). Les cinq négociateurs syndicaux se sont réunis lundi soir et sont "tous d'accord pour dire qu'on va droit à l'échec, si le 23 mars, il n'y a pas une vraie proposition sur les contrats courts".

"On a entendu le message et on fera mieux la prochaine fois. Après, est-ce que le mieux sera suffisant '" a déclaré Alexandre Saubot (Medef) lors d'une suspension de séance. Les syndicats réclament un cadre national et de ne pas tout renvoyer aux branches, où d'éventuelles négociations "renverraient aux calendes grecques", selon les termes d'Eric Courpotin (CFTC).

Après la réunion du 23 mars, les partenaires sociaux n'auront plus que celle du 28 mars pour aboutir à un accord, avant la présidentielle. La précédente négociation avait échoué en 2016 face au refus du patronat de renchérir les contrats courts. Ceux-ci coûtent cher à l'assurance chômage, dont la dette s'élève à 30 milliards d'euros.

Si elles ne bougent pas sur les contrats courts, les organisations patronales adoucissent légèrement les efforts demandés aux chômeurs âgés, pour qui elles veulent reculer de 50 à 59 ans la borne d'âge pour entrer pleinement dans la "filière seniors", qui leur permet de toucher leur allocation jusqu'à 36 mois au lieu de 24.

- 'Pas admissible' -

Dans son nouveau texte, le patronat propose que la durée maximale d'indemnisation passe de 24 à 27 mois à 55 ans, à 30 mois à 56 ans (au lieu de 57 ans), à 33 mois à 57 ans et à 36 mois à 59 ans.

Une proposition toujours "pas admissible" pour Force ouvrière.

"Ils proposent des économies sur des personnes qui vont perdre jusqu'à un an d'indemnisation et tomber dans les minima sociaux", s'est alarmé M. Gravouil, qui s'appuie sur des chiffrages de l'Unedic, selon lesquels, entre 50 et 57 ans, plus de la moitié des chômeurs qui y ont droit seraient touchés par la mesure.

La CFDT propose une solution intermédiaire, avec une entrée progressive dans la "filière seniors" entre 52 et 56 ans. Cette proposition permettrait 330 millions d'euros d'économies et toucherait 38.000 personnes, alors que le scenario initial du Medef devait en générer 660 millions et concerner 59.000 personnes.

Enfin, pour l'ensemble des allocataires, le patronat ne revient pas sur sa nouvelle formule de calcul de l'indemnisation, censée mettre fin à la situation actuelle qui avantage, à travail et salaire égaux, les personnes enchaînant les contrats de moins d'une semaine par rapport à celles qui ont des contrats plus longs.

Si le principe d'un changement de formule est majoritairement partagé, celle proposée par le patronat est rejetée par les syndicats. Le scénario du Medef génèrerait, en rythme de croisière, 1,2 milliard d'euros d'économies, selon l'Unédic. Les propositions alternatives de la CFDT et de FO ont été, elles, évaluées respectivement à 400 et 50 millions d'euros.

Selon Véroniques Descacq, les positions sont "assez proches" sur les seniors et le calcul des allocations, mais "ce qui va faire la différence, ce sera ce que les employeurs seront capables de mettre sur la table sur les contrats courts".


L'Entreprise

A LIRE AUSSI :

>> Assurance chômage: Le patronat revoit sa copie à la marge | 20minutes.fr | 14/03/2017

>> Assurance-chômage : le patronat revoit légèrement sa copie | Europe1 | 14/03/2017

>> Assurance-chômage: les négociations reprennent | Le Figaro | 14/03/2017



Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir