Unédic : négociation express sur l’assurance-chômage

Les partenaires sociaux se retrouvent mardi 7 mars pour tenter de se mettre d’accord sur une nouvelle convention d’assurance chômage. Ils se sont donnés un petit mois pour y arriver mais les discussions s’annoncent difficiles.

Un tout petit mois pour se mettre d’accord sur de nouvelles règles d’indemnisation du chômage : la tâche qui attend les partenaires sociaux, qui ouvrent mardi 7 mars une nouvelle négociation, s’annonce redoutable.

Échec en juin

En juin dernier, patronat et syndicats avaient échoué à définir une nouvelle convention chômage, faute d’accord sur la question des contrats courts, ces touts petits CDD qui se multiplient et pèsent lourd sur les finances de l’Unédic.

En résumé, les organisations syndicales souhaitaient décourager, en les taxant, l’usage de ces contrats de quelques jours. Le Medef ne voulait pas en entendre parler.

Feu vert du Medef en février

Une série de discussions durant l’hiver ont abouti en février dernier à la décision de reprendre de réelles négociations, après le feu vert du Medef. En toile de fond : le risque que l’Unédic ne se retrouve dans le giron de l’État si les partenaires sociaux s’avéraient incapables de se mettre d’accord.

« Nous ne sommes pas persuadés que les politiques fassent mieux que nous », a ainsi déclaré le patron du Medef Pierre Gattaz le 14 février dernier.

Une proposition a minima

Reste que les discussions s’annoncent difficiles, le Medef n’ayant entrouvert qu’une toute petite porte sur la question des contrats courts. Dans un texte transmis la semaine dernière aux syndicats, le Medef accepte d’évoquer le sujet, mais pour le renvoyer à des négociations dans les secteurs les plus concernés (hôtellerie-restauration, arts et spectacles, édition et audiovisuel…).

L’organisation patronale propose d’instaurer non pas une taxation, mais un système d’incitations « permettant de modérer l’utilisation des contrats très courts au sein desdits secteurs lorsque cela est possible ».

Les seniors sur la sellette

Une proposition insuffisante pour les organisations syndicales, qui plaident pour un dispositif plus contraignant. « Pourquoi ces secteurs iraient-ils s’autoréguler alors qu’ils ne le font pas aujourd’hui ? », s’interroge ainsi Michel Beaugas, pour Force ouvrière.

Autre sujet épineux : les seniors. Le patronat souhaite ramener à deux ans la durée maximale d’indemnisation pour les chômeurs de 50 à 57 ans (contre 36 mois actuellement), en compensant par de la formation professionnelle. Une proposition qui en l’état a soulevé une levée de bouclier de la part des organisations syndicales.

Une échéance au 28 mars

La marge de négociation s’annonce donc étroite. Les partenaires sociaux se sont pourtant donnés comme objectif de boucler la négociation d’ici au 28 mars prochain, en tout cas avant les échéances électorales à venir. « Si nous nous mettons d’accord, le prochain élu aura d’autre chose à faire que de détricoter notre texte », affirme un négociateur. À condition d’y arriver.


EMMANUELLE RÉJU



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