La qualité des annonces en ligne en question

La CGT a épluché près de 1.300 offres en ligne sur le site de Pôle emploi. Verdict : une sur deux poserait problème. L'opérateur public défend la qualité de ses algorithmes de contrôle.

Déjà en conflit sur les conditions de travail, la CGT continue de s'opposer à la direction de Pôle emploi sur le front de la qualité des annonces déposées sur le site de l'opérateur public. La question est d'importance car celui-ci en héberge plus de 600.000, venant directement de Pôle emploi ou de partenaires, comme Keljob. Après en avoir épluché 1.298, l'union départementale du Morbihan en a conclu qu'une sur deux était « au mieux » incohérente ou mensongère, au pire malhonnête ou illégale.

Type de contrats promis qui ne correspond pas à la réalité, durée d'une mission d'intérim ou de CDD non indiquée, ou encore mentions « illégales » de type contrat « renouvelable » ou « évolutif » : hormis les cas de fraude, l'inventaire de la CGT n'épargne aucun secteur. Parmi les « perles » figurent notamment un CDI « auxiliaire de vie » qui s'avère être une formation ou, plus surprenant encore, cet autre CDI « assistant/assistante de vie », qui renvoie vers un poste de concessionnaire pour piscines.

Dénonçant un « scandale », la CGT cible plus particulièrement les pratiques des agences d'intérim ou des entreprises d'aide à domicile qui proposent des missions longues de six mois, voire des CDI, quand elles ne sont que de 15 jours, voire d'une semaine. Preuve, selon le syndicat, que les contrôles automatiques sont une « vraie passoire ». « J'ai averti mon directeur régional. J'ai averti le préfet. Ils ne peuvent pas dire qu'ils ne sont pas au courant », déplore pour la CGT-chômeurs Vladimir Bizet-Sefani, conseiller à Lorient.

« Un problème réel »

Pôle emploi assure avoir repris une à une les 1.298 offres en question, pour améliorer, le cas échéant, la qualité de ses contrôles automatiques. Mais sa direction conteste le taux de 50 % avancé par la CGT. Les algorithmes, explique-t-elle, éliminent les offres qui ne respectent pas la loi, au niveau, par exemple, des mentions obligatoires. Mais ils ne peuvent pas descendre au niveau des conventions de branche ou accords d'entreprise. Résultat : 158.000 offres ont fait l'objet d'une alerte en 2016, soit 22 % de toutes celles qui ont été publiées. Après contact avec l'employeur et corrections, 12 % d'entre elles seulement ont été rejetées, soit 2,64 % du total.

« Le sondage de la CGT met le doigt sur un problème réel, mais qui n'est pas spécifique à Pôle emploi », commente Yannick Fondeur, spécialiste de ces questions au Centre d'études de l'emploi et du travail, même si le pourcentage réel d'offres à problème est très difficile à estimer. Les contrôles automatiques n'étant pas infaillibles, une solution complémentaire pourrait passer par... les chômeurs. « Pour chaque offre trouvée, les candidats pourraient noter le site diffuseur. Un peu comme les acheteurs du marketplace d'Amazon note les vendeurs tiers », avance-t-il, y voyant une « puissante incitation pour ces sites à mettre en place en amont des contrôles de qualité efficaces ».


ALAIN RUELLO

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