Macron propose de placer l’assurance-chômage dans le giron de l’Etat

Le candidat d’En marche ! veut retirer aux partenaires sociaux la gestion du système.

En matière d’assurance-chômage, les propositions d’Emmanuel Macron sont annonciatrices de profonds changements. Le candidat du mouvement En marche ! développe une triple approche : renforcer les obligations des demandeurs d’emploi, créer de nouveaux droits en permettant à d’autres publics d’être éligibles aux Assedic et retirer aux partenaires sociaux la gouvernance du système.

Ces pistes étaient connues mais dans l’entretien qu’il accorde aux Echos, M. Macron apporte des précisions sur les devoirs des chômeurs, qui seraient accrus. Il n’est pas question de modifier les règles d’indemnisation ni de rendre dégressives les allocations. En revanche, toute personne, inscrite à Pôle emploi, effectuera « un bilan de compétences » et sera aiguillée vers une formation. A l’issue de son stage, elle « devra accepter les offres » d’emploi qui lui seront proposées. Les prestations « seront strictement conditionnées à [ses] efforts de recherche, avec un contrôle drastique », indique-t-il. L’objectif est de mettre sous tension les demandeurs d’emploi.

Plusieurs de ces idées sont déjà mises en vigueur, observe Bertrand Martinot, auteur de Pour en finir avec le chômage (Pluriel, 2015) et ex-conseiller social de Nicolas Sarkozy à l’Elysée : « A l’heure actuelle, les textes prévoient qu’un demandeur d’emploi qui se voit proposer une formation ne peut pas la refuser. Même chose au bout de deux offres d’emploi. Mais ça ne marche pas, dans les faits, car il y a des difficultés opérationnelles qui n’ont pas été résolues. »

Les plus gros changements portent sur le pilotage du système, qui basculerait dans le giron de l’Etat. Cette solution mettrait fin à la cogestion par le patronat et par les syndicats, accusés d’être incapables de prendre les mesures qui s’imposent face au chômage de masse et à l’envolée de la dette de l’Unédic (environ 30 milliards d’euros fin 2016).

Autre innovation de taille : accorder les Assedic aux salariés qui démissionnent et aux travailleurs indépendants, entrepreneurs, professions libérales. Se pose, bien évidemment, la question du coût de cette mesure, qui ne sera pas neutre.


Bertrand Bissuel



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