Chômage : Pôle Emploi sait-il compter ?

Selon l’Insee, le taux de chômage en France métropolitaine était de 9,7% soit 2,78 millions de chômeurs, au 4e trimestre 2016. C’est 749 000 de moins que selon Pôle Emploi.

Avec 9,7% de chômeurs en France métropolitaine au quatrième trimestre 2016 selon l'Insee, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) termine l'année en baisse. En France métropolitaine, le nombre de chômeurs baisse de 0,1 point par rapport au troisième trimestre, à 2,78 millions de personnes. Sur un an, le taux de chômage diminue de 0,2 point.

Quelles méthodes de calcul ?

La tendance est donc semblable de celle de Pôle emploi, même si elle est bien moins forte. Les chiffres de Pôle emploi font état une baisse du chômage de -3% sur l'année 2016. Cause des écarts : des méthodes de calcul sont différentes.

Avec la Dares, Pôle emploi fait état du nombre d'inscrits chez lui. La catégorie A, concernant ceux qui n'ont pas du tout travaillé, étant celle généralement relayée par les hommes politiques et journalistes.

L'indicateur de l'Insee est lui issu de sondages. L'institut interroge continuellement un panel de 110.000 personnes surles critères du BIT, reconnus internationalement. Pour être chômeur, le sondé doit : avoir plus de 15 ans, être sans emploi au cours d'une semaine précise, être en recherche d'emploi, et être disponible pour travailler dans les deux semaines à venir.

Les écarts se creusent depuis six ans

 


À la lecture du graphique ci-dessus, on peut voir que les deux courbes ne se suivent plus depuis six ans. Elles ne se sont même plus croisées depuis juin 2010. Un phénomène qui s'est accentué en 2013, année où l'Insee a changé le questionnaire de son enquête emploi. Certaines questions sont alors simplifiées et l'institut ne prend par exemple plus en compte les recherches d'emplois occasionnels ou de courte durée. Des modifications qui font virtuellement baisser le chômage de 0,3%.

Des méthodes de calcul controversées

Il existe potentiellement autant de manière de comptabiliser les chômeurs qu'il existe de pays dans le monde. C'est pour cela que le taux de chômage au sens du BIT est la référence internationale. Par exemple, contrairement à Pôle Emploi qui classe tous les demandeurs d'emplois en cinq catégories, le Royaume-Uni ne comptabilise pas les demandeurs non-indemnisés dans ses statistiques nationales.

Mais l'organisme français n'est pas pour autant un exemple en la matière. Au Sénat, une commission d'enquête milite même pour enrichir notre mesure du chômage. Anomalies dans les décomptes, catégories sous-évaluées, sans-emploi non comptabilisés... "À eux seuls", dit la commission, les chiffres de Pôle emploi ne constituent pas "un indicateur fiable et pertinent du chômage". Leur idée : s'entendre sur "des critères et des règles fixés au niveau international" mais moins stricts que ceux définis par le BIT.


Léo Tescher



Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir