Unédic : réunion cruciale au Medef pour la reprise des négociations

Le président du pôle social du Medef veut convaincre ses pairs de rouvrir les négociations sur l'assurance-chômage.
L'affaire Fillon joue en sa faveur, mais la partie reste délicate à jouer pour le patron de l'UIMM.

Les partenaires sociaux vont-ils rouvrir les négociations sur l'assurance-chômage ? En théorie, c'est ce mercredi que cela va se jouer, lors de la réunion de la dernière chance que patronat et syndicats ont programmée il y a deux mois et demi. Mais, en réalité, on sera fixé dès ce début de semaine. Tout est suspendu à la décision du Medef, qui a rompu les discussions en juin dernier et a refusé jusqu'à présent de les reprendre, concédant juste des réunions de « diagnostic ».

Or l'assurance-chômage est à l'ordre du jour de la réunion ce lundi après-midi du conseil exécutif de l'organisation de Pierre Gattaz, composée de 45 membres, dont une moitié de représentants des fédérations professionnelles et l'autre de représentants des territoires et de personnalités qualifiées. Cette instance doit donner ou pas mandat à Alexandre Saubot pour aller négocier. Le président du pôle social du Medef, par ailleurs numéro un de l'UIMM, souhaite reprendre les négociations, mais il a échoué jusqu'à présent à convaincre (« Les Echos » du 2 février).

Malus sur les contrats courts : le point de blocage

Le climat politique joue désormais en sa faveur. Déjà, l'émissaire de François Fillon, Gérard Larcher, avait douché les espoirs de ceux qui misaient sur sa victoire pour que l'assurance-chômage soit réformée par ordonnance avant que les partenaires sociaux reprennent la main. Le président du Sénat leur avait expliqué que le sujet ne serait pas prioritaire et qu'ils seraient appelés à négocier. Mais, surtout, il y a eu le « Fillongate », qui « nous laisse un peu orphelins », reconnaît un dirigeant patronal. Le candidat qui a le vent en poupe maintenant, c'est Emmanuel Macron, qui veut étatiser l'Unédic et instaurer un malus sur les contrats courts. Ce n'est pas forcément le scénario que souhaite la majorité du patronat, et notamment Pierre Gattaz.

La tentation de s'en remettre au politique a du plomb dans l'aile. Mais la partie reste délicate pour Alexandre Saubot, qui va devoir faire preuve de finesse dans le mandat qu'il va proposer au conseil exécutif de lui donner. La réunion de lundi pourrait se solder par un vote à main levée pour clore un débat qui s'annonce animé. En dehors même de l'enjeu de la succession de Pierre Gattaz, qui pollue le dossier, il n'y a pas qu'un affrontement entre partisans et adversaires du paritarisme. Il y a ceux qui s'interrogent sur le timing, jugant la période trop mouvante alors qu' « on n'est pas à deux mois près », et ceux qui exigent une « remise à plat globale » du système. Et il faut bien sûr aussi compter sur les secteurs qui pensent avoir tout à perdre à un accord parce qu'ils sont gros consommateurs de CDD et d'intérim (lire ci-dessous).

Le point de blocage n'a en effet pas changé. « Tous les syndicats veulent reprendre les négociations, mais exigent d'inscrire les contrats courts à leur programme », explique Denis Gravouil (CGT). « Si on ne traite pas des contrats courts, cela n'a pas de sens », acquiesce Jean-François Foucard (CGC). Le patronat doit revenir « à la raison », insiste Véronique Descacq (CFDT) (lire ci-dessous). Il « doit avoir un mandat clair pour rouvrir les discussions, sinon, elles ne reprendront pas », résume Michel Beaugas (FO).


LEÏLA DE COMARMOND

A LIRE AUSSI :

>> Taxation des CDD : le débat va-t-il rebondir ? | La Tribune | 13/02/2017

>> Assurance-chômage : réunion cruciale au Medef pour la reprise des négociations | Le Figaro | 13/02/2017




Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir