Assurance chômage: jouer la montre ou s'entendre?

Les partenaires sociaux se sont retrouvés, mercredi 25 janvier, au siège du Medef pour dresser l'état des lieux de l'emploi en France. Une éventuelle reprise des négociations sur l'Unedic n'interviendra pas avant le 15 février.

Dernier espoir pour une éventuelle réouverture des discussions sur le chaotique dossier de l'assurance-chômage? Les partenaires sociaux ont entamé une série de rencontres depuis le début de l'année pour dresser leur "diagnostic partagé" sur le marché du travail avec, en tête, le spectre de l'échec des débats de juin dernier.

Ce mercredi 25 janvier, dans la grande salle du conseil, située au 1er étage du siège du Medef, l'ambiance est studieuse. Les délégations des cinq organisations syndicales (CGT, CFE-CGC, FO, CFDT, CFTC) et des trois organisations patronales (Medef, UPA, CPME) se retrouvent donc pour la deuxième d'une série de quatre réunions. "Nous écoutons les présentations qui nous sont faites, détaille Paul Fargues, de la CFE-CGC. Mais nous ne débattons pas des sujets en profondeur."

A LIRE AUSSI : >> L'échec des négociations sur l'assurance-chômage en trois questions

Des débats, les partenaires sociaux ont eu l'occasion d'en avoir. En juin dernier, les discussions avaient même échoué sur un désaccord total, le Medef refusant catégoriquement de moduler les cotisations sur les contrats courts par le biais d'une surtaxation ou d'un système de bonus-malus.

Ces contrats courts étaient justement au menu de ce 25 janvier. "L'étude que vient de nous présenter France Stratégie montre clairement que le marché du travail français risque d'aller vers de plus en plus de contrats courts et d'emplois non salariés", commente Denis Gravouil, chef de file de la délégation CGT.

A LIRE AUSSI : >> Les CDD de moins d'un mois ont explosé en 15 ans

"Le constat sur cette surconsommation des CDD et des contrats très courts est posé depuis longtemps notamment par l'Unedic", complète Paul Fargues de la CFE-CGC. A ses côtés, Rémi Rigaud, conseiller technique à la CGT, poursuit. "C'est toujours bon que tout le monde entende ces éléments, qui doivent être rappelés même si les avis divergent sur les solutions et si on ne saisit pas très bien la cohérence et surtout la finalité de toutes ces présentations."

"Il y a un problème de création d'emplois dans le pays"

La finalité, en creux, est pourtant assez claire même si tout le monde prend bien soin de ne pas se prononcer de façon trop définitive sur le sujet: ce diagnostic incitera-t-il les acteurs du paritarisme à se remettre autour de la table ? Réponse le 15 février prochain, à l'issue d'une réunion des chefs de file. Pour Paul Fargues de la CFE-CGC, l'espoir subsiste. "Je pense que les choses peuvent reprendre car il y a une volonté", estime-t-il. Une reprise des discussions rapides, qui pourraient aboutir à une nouvelle convention en automne 2017. Mais l'automne est encore bien loin...

D'ailleurs, dans les rangs de la CGT, on ne se fait guère d'illusions. "Le Medef veut faire traîner jusqu'au delà des élections", lâche Rémi Rigaud. Une accusation récurrente dont l'organisation patronale se défend, arguant que laisser la main à l'État ne fait pas partie de ses projets

"Il y a au moins un vrai point d'accord, se félicite Denis Gravouil. Tout le monde, Medef compris, est conscient du fait qu'il y a un problème économique et de création d'emplois dans le pays." Une prise de conscience suffisante? Réponse d'ici trois semaines...


Tiphaine Thuillier



Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir