Hollande défavorable au projet de Macron sur l’assurance-chômage

Le chef de l’Etat a présenté ce mercredi matin ses voeux aux partenaires sociaux.

François Hollande s'est dit ce mardi matin défavorable à la volonté d'Emmanuel Macron de prendre aux partenaires sociaux la gestion de l'assurance-chômage, tout en mettant en garde contre ce qu'il considère être la « brutalité » du programme de François Fillon .

Lors des derniers voeux aux partenaires sociaux de son quinquennat, le chef de l'Etat a dressé « un bilan contrasté » de l'état du dialogue social en France, soulignant qu' « au niveau national, l'élan contractuel a perdu de sa vigueur, certains ont parfois préféré renvoyer la responsabilité au gouvernement ». Il a à ce propos évoqué la négociation sur la prochaine convention d'assurance chômage , interrompue sine die en raison des divergences entre les partenaires sociaux. Il a souligné que d'autres modèles étaient possibles, dont l'étatisation, c'est-à-dire la reprise en main de l'assurance-chômage, « mais ce serait la fin du système fondé sur des cotisations assises sur les salaires et donc la fin d'une indemnisation sur les revenus antérieurs », a-t-il dit.

« Le paritarisme, c'est l'avenir »

Face à cette idée, portée en particulier par son ancien ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qu'il n'a pas nommé, les partenaires sociaux sont selon lui conscients que « le paritarisme doit être prolongé, non pas prolongé parce que ce serait l'Histoire mais prolongé parce que c'est l'avenir ». « Parce qu'il est bon que les acteurs économiques et sociaux définissent pour eux-mêmes les règles notamment sur la question de l'indemnisation du chômage ou l'incitation à la reprise d'activité », a-t-il ajouté.

Candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron propose de supprimer le système actuel d'assurance-chômage pour le remplacer par un autre reposant sur la solidarité nationale. Il compte ainsi, s'il est élu, supprimer les cotisations chômage payées par les salariés, étendre le bénéfice des allocations chômage à l'ensemble des travailleurs et reprendre en main l'Unedic - le gestionnaire de l'assurance chômage géré par les partenaires sociaux. La suppression des cotisations chômage, qui doit apporter un gain financier aux salariés, serait en partie compensée par une hausse de la CSG, assise sur tous les types de revenus.

« Le risque, c'est le blocage »

François Hollande a ensuite mis en garde contre la tentation de vouloir se passer des partenaires sociaux, une critique adressée au candidat Les Républicains François Fillon. « Je ne comprends pas que des voix puissent réclamer de mettre un terme au dialogue social pour que l'Etat puisse intervenir plus vite - soit parce qu'il y aurait la nécessité de prendre par surprise l'opinion publique de crainte qu'elle ne se réveille », a-t-il dit. « Je pense que ce risque est finalement plus élevé que de faire confiance aux partenaires sociaux et ensuite au législateur. Car le risque, c'est le blocage, le risque, c'est que face à la brutalité, il y ait une autre brutalité. »

 

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