Trois chiffres pour voir autrement les statistiques de Pôle emploi

EMPLOI - Après la publication de la nouvelle salve de statistiques mensuelles sur les demandeurs d’emploi, LCI vous propose une autre approche pour rendre compte de l’évolution du chômage en France ces dernières années. Dans cette optique, nous avons épluché les multiples données fournies par Pôle emploi.

1 - 13 mois de baisse… contre 41 de hausse

Quelle fut longue à se dessiner cette inversion de la courbe du chômage ! Techniquement, selon la définition communément admise, cet objectif poursuivi depuis le début du quinquennat de François Hollande n’est d’ailleurs toujours pas atteint, malgré la baisse marquée de 100.000 chômeurs depuis le début de l’année. Pour décréter l’inversion de courbe, il faut en effet enregistrer trois mois consécutifs de baisse du nombre d’inscrits à Pôle emploi.

Or cela ne s’est encore jamais produit depuis mai 2012 (pour l'instant, le chef de l'Etat reste bloqué à deux mois de baisse) -et pas beaucoup plus d’ailleurs sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Il faut dire que pour retrouver une telle série, il faut remonter à février 2008 ! Peut-être ce critère sera-t-il rempli si une nouvelle décrue du chômage est enregistrée en novembre...

Une autre statistique permet de mesurer la persistance de l’augmentation du nombre de chômeurs depuis l'entrée de François Hollande à l'Elysée : 41 mois ont enregistré une hausse, contre seulement 13 une baisse, soit trois fois moins. Difficile dans ces conditions de parvenir à une inversion nette de la courbe.


2 - Une durée de sortie de Pôle emploi qui s’allonge

Autre donnée témoignant de l’aggravation persistante de la situation sur le marché de l’emploi ces cinq dernières années : la forte augmentation de la durée moyenne de sortie des demandeurs inscrits à Pôle emploi (catégorie A, B, C, soit sans aucune activité ou exerçant une activité réduite). De 252 jours en moyenne en 2012, elle atteint 304 jours pour l'instant cette année. Soit une durée d’inscription en hausse de près de 20%. Une tendance qui n’est cependant pas nouvelle. Entre 2009 et 2012, cette donnée avait déjà progressé de 26%.

3 - Toujours un chômeur sur deux indemnisé

Malgré la progression de plus de 500.000 chômeurs sous le quinquennat de François Hollande, le nombre de demandeurs d’emploi indemnisés s’est quant à lui globalement stabilisé. Environ un chômeur sur deux perçoit ainsi une allocation chômage, d’un montant moyen de 1.058 euros net par mois, selon le montant fourni par l’Unedic en 2015. En août 2016, dernières données connues, la part d’allocataires sur le nombre total de demandeurs d’emplois inscrits en France métropolitaine était de 52%.

Un grand nombre de chômeurs ne perçoit en effet pas d’indemnisation chômage, soit parce qu’ils n’ont pas suffisamment cotisé – quatre mois de cotisation à temps plein sont nécessaires pour déclencher l’ouverture de droits -, soit parce qu’ils exercent une activité plus rémunératrice que l'indemnistation de l’assurance chômage ou encore parce qu’ils ont démissionné. Il y a dix ans, cette part des chômeurs indemnisés était nettement plus élevée : 64% en août 2006.

L’allongement de la durée de chômage ces dernières années, décrite plus haut, a participé à cette baisse, en pourcentage, de la part de chômeurs indemnisés. C'est également le cas de l’accroissement du chômage des jeunes, qui n’ont, pour beaucoup, pas de droits à faire valoir. La multiplication des contrats courts (intérim, CDD) dans les reprises d’emploi a également pesé sur la capacité des demandeurs à prétendre à une indemnisation.





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