Assurance-chômage : Hollande remet la pression sur les partenaires sociaux

Le président de la République a appelé vendredi les organisations patronales et syndicales à la « responsabilité » sur le dossier.

« Il appartient aux partenaires sociaux de prendre leurs responsabilités. » Célébrant le 70e anniversaire de l'inscription dans la constitution du Conseil économique, social et environnemental, François Hollande n'a pas seulement fait l'éloge, vendredi à Paris, des « si nécessaires » corps intermédiaires critiqués par la droite. Il en a aussi profité pour appeler de ses voeux la reprise de la négociation sur l'assurance-chômage. « Je souhaite que la négociation puisse reprendre de manière à ce qu'il puisse y avoir une pérennisation de ce que nous avons déjà engagé comme réformes et aussi des évolutions nécessaires », a-t-il affirmé, sans donner de précision sur ces « évolutions nécessaires ». « Les idées sont sur la table », souligne l'entourage du président.

« Encourager »

C'est la première fois que le président de la République lance cet appel depuis l'échec, en juin, de la dernière négociation, qui avait contraint le gouvernement a proroger - sans limite de temps - la convention signée en 2014. Dans son interview aux « Echos », à la fin du mois de juin, François Hollande avait reproché au Medef d'avoir « manqué à ses responsabilités ». « Dans une démarche sociale, si les acteurs se dérobent, il ne reste plus que l'Etat ! » avait-il souligné, oubliant que le gouvernement avait sa part de responsabilité dans cet échec : il avait mis le feu aux poudres en avançant ses pions, en plein conflit sur la loi travail, sur la taxation des CDD.

Pour le locataire de l'Elysée, il s'agit, selon ses proches, d' « encourager les discussions » et même de « remettre la pression » sur les organisations patronales et syndicales, en tordant le cou à l'idée selon laquelle l'exécutif pourrait reprendre la main par décret. Tout en prorogeant la convention, l'exécutif leur avait demandé de se remettre autour de la table avant la fin de l'année. Mais il a fallu attendre la mi-octobre pour que Pierre Gattaz infléchisse - un peu - sa position en appelant à aboutir avant mai 2017 (et non après une éventuelle alternance politique) et en entrouvrant la porte sur le renforcement d'un système de bonus-malus encourageant les contrats longs. Le président du Medef a ainsi écrit, la semaine dernière, aux syndicats pour formaliser sa proposition d'établir « un diagnostic partagé » avant de rouvrir les négociations. « Une proposition constructive plutôt bien accueillie », note-t-on dans l'entourage de François Hollande. Même si les espoirs de compromis paraissent très ténus dans un climat de (pré)campagne électorale.


PIERRE-ALAIN FURBURY



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