Ils utilisent Pôle emploi pour escroquer des chômeurs

Un habitant de Saint-Jean-le-Blanc s’est vu demander d’avancer de l’argent par un « recruteur » qui voulait l’embaucher comme chauffeur, le tout grâce à une annonce en apparence parfaitement légale.

«Nous recherchons 3 chauffeurs privés, avec de l’expérience et dévoué pour son travail et aider à faire quelques courses. La carte VTC n’est pas obligatoire mais permis à jour et un profil exemplaire est requis. »

Nonobstant quelques maladresses, orthographiques et grammaticales, cette annonce, publiée au début du mois d’octobre sur le site de Pôle emploi, n’a pas spécialement de quoi attirer les soupçons.
Ce poste de « chauffeur accompagnateur de personne à mobilité réduite » est à pourvoir à Orléans : un CDI de 24 heures par semaine payé entre 1.400 et 2.000 euros. Intéressant.

Pas de plainte

Comme une quinzaine d’autres candidats, un habitant de Saint-Jean-le-Blanc a tenté sa chance… Mais a pris peur en recevant le courriel de réponse à son CV. Dans un français cette fois franchement approximatif, son interlocuteur, qui n’est déjà plus le « Paolo Dos Santos » mentionné dans l’annonce, lui explique qu’il se verra confier « la responsabilité de quelques règlements à notre propre compte à savoir : le paiement du service de location de la voiture puisse que le coût de la location sera payer avant que la voiture ne soit à votre disponibilité donc dans les prochains jours si en accord, nous ferons expédier un chèque pour ces différents règlements. »

En clair, il semble que l’”employeur” demande à son salarié d’avancer les frais de location de la voiture de service et qu’en échange, celui-ci recevra un chèque pour couvrir ces frais. Une arnaque assez classique?; le chèque s’avérant alors sans provisions.

Un contrôle humain et informatique

Dans ce cas, l’escroc n’a pas eu le temps de parvenir à ses fins puisque l’habitant de Saint-Jean-le-Blanc a flairé le piège et n’a pas donné suite. « Le commissariat ne prend pas de dépôt de plainte tant que le délit n’est pas commis mais reconnaît que nous avons raison de nous en inquiéter. Ça laisse à douter de la fiabilité de Pôle emploi qui laisse passer de telles annonces?! »

Du côté de Pôle emploi, on souligne qu’avant publication, toutes les annonces font l’objet d’un « contrôle humain » mais aussi technique grâce à un logiciel qui repère les termes pouvant laisser penser qu’un escroc est à l’origine de l’offre.

« Il y a un cadre légal à respecter pour déposer une annonce : il faut avoir un numéro Urssaf ou un numéro de Siret, explique Patrick Boissy, directeur territorial pour le Loiret. Il faut aussi rappeler aux demandeurs d’emploi qu’un employeur ne doit jamais leur demander d’argent, leur carte Vitale ou leur carte d’identité avant un rendez-vous ».

D’après Pôle emploi, les annonces d’évidence suspectes restent extrêmement rares. C’est plutôt dans la discussion qui s’engage ensuite avec le recruteur que peut apparaître la tentative d’escroquerie.
« Ces conversations, nous ne les surveillons évidemment pas. Mais nous avons mis en place un lien sous l’annonce qui permet de signaler une offre suspecte. » Tous les candidats qui y ont répondu sont alors recontactés. L’annonce est ensuite envoyée à la direction générale dont les services juridiques décident des éventuelles suites à donner à cette tentative d’escroquerie.


Alexandre Charrier



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