Unedic : le Medef expose ses exigences pour une reprise des négociations

Le patron du Medef n'envisage pas de nouvelle convention pour l'assurance-chômage avant l'élection présidentielle de 2017...

Manuel Valls avait appelé dimanche dernier patronat et syndicats à rouvrir les discussions sur l'assurance-chômage, après leur échec du mois de juin... "Nous sommes prêts à reprendre les négociations dès la semaine prochaine. Mais si c'est pour nous imposer une taxation des contrats courts, ce n'est définitivement pas possible", lui répond vendredi Pierre Gattaz, le patron du Medef, dans 'Les Echos', évoquant une "bêtise contre-productive".

Il se dit en revanche prêt à ouvrir le dialogue sur la "permittence". Il s'agit d'un néologisme désignant l'alternance accélérée de contrats de travail de très courte durée et de périodes de chômage indemnisées, qui est devenu un mode de gestion du personnel dans nombre d'entreprises et coûte cher à l'Unedic.

Prolonger la convention actuelle

Pour mettre fin aux abus, il propose par exemple de revenir sur le mode de calcul des indemnités chômage et d'envisager une "dégressivité intelligente des allocations", sujet très sensible pour les syndicats qui gèrent l'Unedic avec le patronat.

"Nous avons une proposition", poursuit-il. "Il faut prolonger la convention actuelle jusqu'à ce que nous arrivions, avec les syndicats, à une vision partagée de l'avenir, du marché du travail et du rôle de l'assurance-chômage."

Rester cohérent

Pierre Gattaz se donne jusqu'à l'élection présidentielle pour parvenir à un compromis... "Nous avons jusqu'en mai 2017. La France manque cruellement d'une vision du dialogue social. Il faut que nous nous mettions autour d'une table (...) pour travailler sur la France dans dix, quinze ans, les enjeux de la mondialisation, de "l'ubérisation", du numérique, de l'avenir des filières", explique Pierre Gattaz.

Manuel Valls a mis en garde les syndicats et le patronat, évoquant une reprise en main par le gouvernement, en cas d'échec de la reprise du dialogue... "Que le Premier ministre, qui a dit aimer les entreprises, reste cohérent !", lui répond Pierre Gattaz. "Ce serait créer un problème de confiance chez les entreprises, antinomique de la politique de l'offre mise en oeuvre par ailleurs par le gouvernement. S'il veut faire réagir les partenaires sociaux, il ferait mieux de décider que l'Etat ne garantit plus la dette du régime d'assurance-chômage".


Claire Lemaitre



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