Cotisations chômage : les hauts salaires ne renfloueront pas l'Unedic

ÉDITO - Manuel Valls a exclu, dimanche 2 octobre sur RTL, "une taxation des plus hauts salaires" dans le cadre de la lutte contre les déficits du régime d'assurance chômage.

Cela signifie très concrètement que le projet de déplafonnement des cotisations chômage sur la part du salaire supérieure à 12.680 euros par mois est définitivement exclue. Cette taxation additionnelle, étudiée par les services de Myriam El Khomri, était censée rapporter 650 millions aux caisses de l'Unedic, qui indemnise aujourd'hui 2,7 millions de demandeurs d'emploi et dont le déficit sera de 4,3 milliards cette année, et de 3,8 milliards supplémentaires l'an prochain.

Comment expliquer l'arbitrage du Premier ministre ? La première raison est très factuelle : les régimes de ces salariés sont excédentaires. Ils cotisent beaucoup plus qu'ils ne perçoivent. Principalement parce que cette population est peu touchée par les problèmes d'emploi, mais aussi parce que les hauts salaires alimentent déjà, via les transferts et les ponctions internes à l'Unedic, les régimes spécifiques des intermittents du spectacle (1,5 milliards d'euros) et ceux des intérimaires (pour une somme identique).

Le système vit à crédit depuis des lustres

La seconde raison tient au fait que les 36 milliards d'impôt du choc fiscal du quinquennat ont été à la charge presque exclusive des cadres et des cadres supérieurs. Ils forment les gros bataillons des 10% des ménages en supportent la quasi-totalité. Ce sont des éléments à ne pas négliger quand on sait que cette population urbaine, très qualifiée, est la plus éloignée des votes extrêmes et que les rendez-vous électoraux approchent.

Le système vit à crédit depuis des lustres : 30 milliards de dettes accumulées à la fin de l'année. On connaît les rustines proposées par les uns et les autres : réduire le montant des indemnisations, appliquer le principe de dégressivité dans le temps, surtaxer les contrats Kleenex. Mais sur le fond, la réalité c'est que le problème est structurel et quasi-insolvable en l'état.

Les comptes de l'Unedic ne peuvent se redresser avec 10% de chômeurs, un système indemnitaire catégoriel et complexe, des régimes très spéciaux et l'absence totale de contribution des secteurs publics qui emploient pourtant un million de contractuels. Ce n'est pas la taxation des CDD très courts, même si elle est logique dans ses fondements, qui va résoudre l'équation.


CHRISTIAN MENANTEAU , LOÏC FARGE



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