Unédic : la surtaxation des CDD de nouveau sur la table

La ministre du Travail est en passe d’achever ses rencontres avec les partenaires sociaux. Le dossier de ­l’assurance-chômage aura été au centre des discussions.

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, est en passe d'achever les entretiens bilatéraux avec les partenaires sociaux lancés à la rentrée. Elle recevra le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, mardi, et le président du Medef, Pierre Gattaz, jeudi. S'il aura été au coeur de ses discussions, le dossier de l'assurance-chômage n'est pas encore officiellement remis sur le métier. Mais l'exécutif a déjà commencé à travailler sur le sujet.

Après l'échec de la négociation patronat-syndicats , le gouvernement a paré au plus pressé en prolongeant la convention d'assurance-chômage de 2014. Le décret ad hoc est paru en juillet. Mais il a aussi demandé au patronat et aux syndicats de se remettre autour de la table à l'automne. Or, c'est l'organisation de Pierre Gattaz qui détient la clef d'une réouverture de la négociation. Les syndicats y sont prêts, à condition qu'il ouvre le jeu et revienne sur son refus de discuter de la surtaxation des contrats précaires qui a fait capoter les discussions en juin. « On a tous besoin d'envoyer un signal positif sur notre capacité à négocier », note un leader confédéral, qui renvoie aux discours antisyndicaux de la plupart des candidats à la primaire à droite. « Si l'on redémarre une négociation sans poser comme principe initial la nécessité de travailler sur le coût des contrats courts et leur utilisation abusive, ça ne sert à rien », a déclaré le président de la CGC, François Hommeril, à l'issue de son entretien avec Myriam El Khomri, résumant la position de tous les syndicats.

Lors de son dernier point presse, le président du Medef n'a donné aucun signe d'ouverture. Il a au ­contraire réaffirmé son refus de toute augmentation du coût du ­travail. Au sein de l'exécutif, nombreux doutent de la capacité - voire de la volonté - de Pierre Gattaz d'infléchir sa position pour relancer la négociation. Certains réfléchissent donc déjà à un autre scénario, alors que les dernières prévisions de l'Unédic confirment que son déficit va se creuser : prendre un nouveau décret qui mettrait fin au statu quo.

Consultation préalable

Difficile d'imaginer dans ce cas que le gouvernement décide de toucher aux droits des chômeurs, alors que le régime prévoit que le nombre de demandeurs d'emploi va remonter l'an prochain. Ce serait prendre le risque de relancer la contestation sociale.

Autre chose est d'aller chercher de nouvelles recettes du côté des contrats courts. La mesure, qui constituerait un marqueur de gauche, tenterait Myriam El Khomri et pourrait rencontrer un écho à Matignon. Pendant le conflit sur la réforme du Code du travail, le Premier ministre avait un temps proposé d'inscrire dans le Code du travail le principe d'une obligation de variation des cotisations en fonction de la durée des contrats de travail. L'idée pourrait être de financer ainsi une pérennisation de l'opération de formation de 500.000 chômeurs. « Il y a au sein du Medef une frange progressiste qui pousse pour rouvrir les négociations et que la perspective d'une intervention gouvernementale pourrait conforter », espère un syndicaliste. Ce qui est sûr, c'est que, cette fois-ci, le gouvernement ne fera rien sans avoir lancé au préalable une consultation tout ce qu'il y a de plus officiel des partenaires sociaux. La loi travail est passée par là.


LEÏLA DE COMARMOND





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