Présidentielle 2017 : Bruno Le Maire défend la privatisation de Pôle Emploi

DÉCRYPTAGE - Le troisième homme dans les sondages propose d'en finir avec le fonctionnement actuel de Pôle Emploi.

Candidat qualifié à la primaire de la droite et du centre des 20 et 27 novembre, Bruno Le Maire décline ses propositions autour de l'angle du "renouveau", comme il aime le préciser. Parmi elles, la privatisation de Pôle Emploi. Pour Bruno Le Maire, Pôle Emploi n'est tout simplement plus adapté à notre époque. "Aujourd'hui, avec Pôle Emploi, cela ne marche pas. Regardez l'efficacité d'un site comme Le Bon Coin, je pense que c'est une bonne illustration de ce qu'aujourd'hui beaucoup de demandeurs d'emplois passent par des organismes privés pour retrouver un travail", insiste-t-il.

Si on écoute Bruno le Maire, à l'heure des sites internet, Pôle emploi devrait se contenter d'indemniser les chômeurs. L'entité a endossé ce rôle depuis la fusion entre l'ANPE et les Assedic en 2009. Un rapprochement qui s'est fait dans la douleur. Et avec l'augmentation quasi continue du chômage, il y a de quoi s'interroger sur l'efficacité réelle de Pôle Emploi. Paperasserie, lourdeur administrative, aspect procédurier... Les griefs sont nombreux. Le plus récurrent est l'effectif que certains jugent pléthorique : environ 55 000 agents. De quoi se mettre à dos pas mal de monde en cas de privatisation.

Pôle Emploi a recours à des sociétés privées depuis 2011

La privatisation peut être une des solutions mais le remède unique, c'est loin d'être gagné. On le sait peu mais Pôle Emploi a déjà recours depuis 2011 à des sociétés privées pour aider en particulier les chômeurs de longue durée. Et ce n'est pas une très grande réussite. La Cour des comptes ne jette pas le bébé avec l'eau du bain mais elle dit clairement qu'il faut faire attention aux sous-traitants, parce qu'on a vu des cas où les demandeurs d'emploi étaient soumis à une telle pression qu'ils finissaient pas craquer.

Bruno Le Maire paraît bien isolé sur ce créneau. Même les plus libéraux comme François Fillon ne s'aventurent pas sur ce terrain de la privatisation. Dans les Hauts-de-France, le président de la région Xavier Bertrand a bien mis en place Proch'emploi, une structure parallèle à Pôle Emploi, mais les résultats ne sont pas très probants pour l'instant. Xavier Bertrand ne veut pas entendre parler de privatisation.

57% des Français pour une privatisation de Pôle Emploi

Il sera donc compliqué pour Bruno Le Maire de convaincre. Et plus encore si on en croit un sondage de l'an dernier. Une enquête révélait que contrairement aux idées reçues, une très large majorité de chômeurs mais aussi d'entreprises sont satisfaits des services de Pôle Emploi, autrement dit les principaux concernés. Peut-être que Bruno Le Maire a préféré regarder un autre chiffre : celui des Français dans leur ensemble et dans ce cas alors, ils sont 57% à vouloir une privatisation de Pole Emploi. Comme souvent en politique tout dépend de quel côté on se place.

BENJAMIN SPORTOUCH , LUDOVIC GALTIER



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