Assurance chômage: un nouveau round de négociations se prépare

A l'issue de rendez-vous bilatéraux avec Myriam El Khomri, les dirigeants de la CFTC, de la CFDT et de la CGPME se sont dit prêts à reprendre les négociations sur l'assurance chômage qui avaient abouti à un échec en juin dernier. Mais les désaccords persistent.

Prêts à se remettre autour de la table? Alors qu'en juin dernier, ils constataient leur échec, plusieurs syndicats ainsi que la CGPME et l'UPA (artisans) affirment vouloir reprendre les négociations sur l'épineux sujet de l'assurance-chômage. C'est ce qui ressort des rencontres bilatérale entre la ministre du Travail et les partenaires sociaux. Après François Asselin (CGPME), Philippe Louis (CFTC) et Laurent Berger (CFDT) hier, elle doit rencontrer l'Unsa ce jeudi et, courant septembre, le Medef, la CGT et FO.

Ne pas refiler le bébé à l'Etat

Sur le sujet de l'assurance-chômage, l'objectif des partenaires sociaux est clair: garder la main. Devant le fiasco des concertations, le gouvernement a dans un premier temps décidé de proroger la convention existante. Si syndicats et patronat ne reprennent pas leurs discussions, ce sera à lui de définir les nouvelles règles de l'indemnisation des chômeurs. Hasardeux à quelques moins de l'élection présidentielle.

"Nous, on est prêt à négocier, à se remettre autour de la table et essayer d'avancer pour qu'il y ait un compromis. Ce sera toujours mieux que de passer la main" à l'Etat, a déclaré Philippe Louis, président de la CFTC, à l'issue de sa rencontre avec Myriam El Khomri. Un avis partagé par François Asselin: "refiler le bébé à l'Etat ne nous convient pas", a-t-il lui aussi lancé à l'issue de sa rencontre avec Myriam El Khomri...

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Selon Philippe Louis, la ministre est d'accord "car elle soutient le paritarisme et le fait que cette négociation reste aux mains de partenaires sociaux", a-t-il assuré, estimant que sur ce sujet, "on est plus sur un blocage politique de la part du Medef." Le refus de l'organisation patronale d'évoquer une éventuelle hausse de la taxation des contrats courts avait constitué une véritable pierre d'achoppement.

Divergences

"La CFDT est prête à reprendre les négociations, a renchéri son secrétaire général, Laurent Berger. Mais pour ça il faudrait une volonté patronale. Cette volonté patronale, ça ne peut pas être "on ne bouge rien sur les cotisations dégressives des employeurs et on réduit les droits des chômeurs"" car dans ce cas, "il n'y aura pas de reprise des négociations. Mais en tout cas, ce serait bien mieux de faire vivre le paritarisme plutôt que de rester dans des postures comme le fait aujourd'hui le Medef".

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Tout le monde s'accorde sur un point: l'organisation dirigée par Pierre Gattaz est responsable de l'échec. Cela sera-t-il suffisant pour parvenir à un accord? Pas si sûr. Les partenaires sociaux doivent "faire face au principe de réalité qu'est le trou de l'Unédic" (qui gère l'assurance chômage), a affirmé François Asselin. La CGPME "parle de régler la seule question du déficit. L'assurance chômage c'est d'abord la protection des personnes qui n'ont pas de travail, avant d'être dans une logique seulement budgétaire comme le sont certains leaders patronaux", lui a répondu indirectement Laurent Berger. Le chef de file des petits patrons a aussi insisté: la négociation doit "éviter" toute "exposition médiatique", afin "d'éviter toute friture sur la ligne". Ca commence mal.


N.S. avec AFP



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