M6 et Pôle emploi sauvent les chômeurs et choient les employeurs

Quand le magazine économique “Capital” se fait le grand défenseur du service public...

« Pôle emploi peut-il encore sauver les chômeurs ? », demandait Capital dimanche dernier. Connaissant l’aversion de M6 pour les administrations et leurs fonctionnaires privilégiés, je soupçonne un dossier à charge… Pas du tout ! Le magazine économique se fait le grand défenseur du service public de l’emploi. Bastien Cadéac, entrepreneur-présentateur : « Vous allez voir que, bien loin des clichés, Pôle emploi tente d’innover avec des méthodes pour le moins surprenantes. Mais face à certains chômeurs peu motivés voire même fraudeurs, il a parfois bien des difficultés. » Les difficultés de Pôle emploi sont seulement dues à la mauvaise volonté des chômeurs.

L’enquête sur Pôle emploi succède à celle sur Le bon coin, ou la fantastique saga d’une start-up devenue le premier site privé d’annonces d’emplois. Une formidable promotion servie par un entreprenant patron (« Il faut fluidifier le marché ») et axée sur un enjeu vital (pour les bénéfices de l’entreprise) : Le bon coin parviendra-t-il à faire payer les recruteurs qui jusque-là publiaient gratuitement leurs offres d’emploi, afin de poursuivre son « développement » et à l’aide d’une stratégie marketing employant le premier VRP de France, François Hollande, venu discourir pour fêter les 10 ans du site ?…

« Nous avons filmé en immersion pendant plusieurs semaines dans l’agence de Belfort », commence la deuxième enquête. Connaissant l’aversion de Pôle emploi pour les caméras, j’admire la prouesse du journaliste. En préambule, il donne un aperçu de « la nouvelle image de Pôle emploi, des conseillers sur les routes, comme des commerciaux ». Comme dans le privé ! Forcément, ça doit mieux marcher. Surtout avec des métaphores guerrières : « En première ligne face au chômage, une conseillère prend sa voiture pour aller démarcher les chefs d’entreprise de sa région. Fanette vient vendre ses chômeurs. » Le chômeur est une marchandise comme les autres.

« Depuis un an, des agents partent sur le terrain pour cerner au plus près les attentes des employeurs. » Enfin, on prend soin d’eux ! Avec ses commerciales en mini-jupe, « Pôle emploi met les bouchées doubles pour séduire les entreprises et pour tenter de gagner la bataille du chômage ». C’est la lutte finale, « depuis quatre ans, le service public de l’emploi fait sa révolution », se félicite le journaliste, expliquant que, « critiquée pour son manque de résultats, la direction de Pôle emploi a opté pour une nouvelle stratégie : ne plus traiter tous les chômeurs à la même enseigne. La plupart des moyens sont concentrés sur ceux qui en ont le plus besoin, environ un cinquième des chômeurs. » Ça me paraît très sain.

Les résultats sont déjà là : « Ces derniers mois, le chômage diminue en France et la réputation de Pôle emploi est en train de changer. » La bataille est sur le point d’être gagnée. « Mais pour réussir sa mission, Pôle emploi est encore handicapé par les failles du système. Notre pays est en Europe l’un des plus généreux avec les chômeurs. » Des statistiques de montants et de durées d’indemnisation révèlent un niveau d’assistanat inégalé sur Terre.


Ces éléments de contexte livrés, commence l’immersion à Belfort, « connue pour avoir été un bastion industriel mais le présent est nettement moins glorieux » (aucune allusion à la menace de fermeture de l’usine Alstom). Précisément, « dans un quartier prioritaire de la ville. Ce n’est pas un site modèle mais une agence comme les autres qui depuis trois ans tente de redorer son blason avec une nouvelle organisation censée la rendre plus efficace ». Des chômeurs « motivés » et de dévouées conseillères illustrent la nouvelle stratégie, « une sorte d’accompagnement à la carte. En quoi cet accompagnement renforcé est-il vraiment plus efficace ? »

C’est très simple. Prenez « Quentin, 21 ans, [il] patauge dans sa recherche d’emploi mais son atout c’est une motivation à toute épreuve. » « Même si c’est gratter une petite crotte sur le coin du trottoir, je le ferai », promet-il, en écho au livre judicieusement titré Boulots de merde !, de Julien Brygo et Olivier Cyran, qui vient de sortir à La Découverte. « Quand la conseillère décèle une telle motivation, elle emploie les grands moyens. Elle va carrément décrocher son téléphone pour appuyer l’une des candidatures de Quentin. » Et ça marche : dès le lendemain, Quentin « décroche une mission de dix mois dans l’industrie automobile ». Comme quoi Pôle emploi sait récompenser la motivation.


« ». Ça alors ! Mais comment font-ils ? « » Si les employeurs sont séduits… « » Merveilleux. « »

Ça s’appelle des « recrutements par simulation », ils concernent « soixante-quinze métiers, du maçon à la couturière ». La conseillère qui s’en occupe « va jouer le rôle d’une cliente au restaurant » et douze chômeuses la serviront dans une saine émulation. Très vite, l’une ou l’autre est dépassée par l’enjeu de la compétition. « Dans sa précipitation, elle apporte les plats principaux en même temps que les entrées. Et, à la deuxième tentative, elle oublie une entrée. » J’espère qu’elle sera éliminée. A moins qu’elle ait remporté le totem d’immunité.

Ce n’est qu’un début, « le stress va s’amplifier car, tout au long des deux heures de l’épreuve, les candidates sont interrompues à tout moment par ce qu’ils appellent des “événements”. » Une voix enregistrée les appelle par leurs nouveaux noms : (« A2, P2 et Z2 ») pour exiger d’elles une tâche imprévue. « Il faut jongler avec tout ça et bien sûr le service doit continuer pendant ce temps-là. » J’en vois une qui bafouille, elle va être pénalisée.

« Au total, ce test a éliminé deux candidates sur douze. Voilà comment Pôle emploi réussit à redonner une chance aux chômeurs les plus éloignés de l’emploi. » En éliminant des candidates, ça va de soi. « Et ça va même encore plus loin. » Les perdantes sont radiées ? Non, même pas. « Pôle emploi organise un forum d’entreprises réservé aux plus de 50 ans et aux habitants des quartiers prioritaires. Pour être sûr qu’ils puissent réussir à défendre leurs chances, Pôle emploi leur a réservé un formateur indépendant venu spécialement pour l’événement. » C’est généreux. Car il ne s’agit pas d’un vulgaire conseiller mais d’un « coach » authentique. « Ce coach leur donne des conseils de bon sens pour se présenter devant les recruteurs » Par exemple, devant un employeur, il vaut mieux ne pas être avachi sur sa chaise. Pas bête.

Cependant, certains chômeurs font preuve de mauvais esprit. « Chacun dit ce qu’il a sur le cœur et la plupart sont un peu dégoûtés par les attitudes des employeurs, comme cette dame à cheval sur le respect. » La dame en question fustige le mépris affiché par certains de ses interlocuteurs, une autre s’indigne des interminables processus de sélection à la fin desquels on n’est jamais retenu. On aura tout entendu… Pour un peu, ces chômeuses réclameraient le respect de leur dignité. « Mais pas question d’aller dans leur sens, me rassure le journaliste. Le formateur rappelle que les recruteurs sont aujourd’hui les rois et qu’ils fixent les règles du jeu. » Les chômeurs sont leurs sujets et doivent s’y conformer, c’est la fatalité.

Le « formateur » au service des rois explique qu’il y a dix candidats par poste là où il n’y en avait que trois il y a quelques années. « On n’est pas en position de refuser un poste, même si ce n’est pas ce que je voudrais faire », admet une stagiaire. « 83 % des Français font un travail qu’ils n’apprécient pas, assène encore le coach, donc les concessions il faut les faire parce que de toute façon il faut travailler. » Je ne sais pas s’il s’agit du même ou si leur espèce prolifère mais ce coach rappelle furieusement celui rencontré au salon SoJob, dans Boulots de merde !

Le problème des manants – pardon, des chômeurs – étant réglé, l’enquêteur en revient aux patrons, – pardon, aux entrepreneurs. « Si l’agence de Belfort obtient de bons résultats, c’est qu’elle parvient à séduire de nombreux employeurs. » Au jeu de la séduction, elle est championne. « L’Etat donne des primes à l’embauche, l’agence peut lui faire miroiter des aides. Par exemple, avec une aide à la formation, pendant toute la durée de la période de formation, la personne ne lui coûtera rien, elle lui rapportera même de l’argent, entre deux et cinq euros de l’heure. » Etre payé pour employer de la main-d’œuvre, c’est effectivement une révolution. « Une exclusivité réservée à ceux qui recrutent par Pôle emploi, et ça fait partie de la stratégie de la directrice de l’agence. » Qui déclare : « C’est une plus-value de notre offre de services qui en plus est gratuite pour l’entreprise. » Des plus-values gratuites, il n’y a que le service public pour offrir ça (au privé).


« La gratuité, c’est ce qui a attiré ce jeune chef d’entreprise, poursuit l’enquêteur. Pôle emploi lui sert de cabinet de recrutement et lui permet même de profiter de ses locaux pour faire passer ses entretiens. » Avec des demandeurs d’emploi sélectionnés par l’agence. « Sur les dix candidats qui défilent, un seul va le convaincre. Il pense avoir trouvé une perle rare. Mais quelques jours plus tard, le jeune entrepreneur et la conseillère entreprise vont déchanter. Le candidat n’a pas donné suite. » « Je suis extrêmement déçue et contrariée, dit la conseillère entreprise. J’avais vraiment le sentiment d’avoir apporté satisfaction à mon employeur. » Ce possessif est affectif, n’allez pas imaginer que l’entrepreneur est son patron.


« Elle n’est pas la seule conseillère à être régulièrement plantée par un demandeur d’emploi. A croire que tous les chômeurs ne sont pas vraiment motivés pour reprendre un travail. » Des chômeurs tire-au flanc, c’est presque un pléonasme. « L’absentéisme des chômeurs aux rendez-vous avec leurs conseillers atteint des sommets », déplore l’enquêteur, prenant l’exemple d’une conseillère spécialisée dans l’accompagnement des jeunes. « Son premier rendez-vous n’est pas là et il est loin d’être le seul à ne pas se lever le matin pour se rendre à Pôle emploi. » Il faudrait leur apprendre à se lever le matin. Il n’y a pas des coachs pour ça ? « A la fin de la journée, seulement deux sur six ont répondu présent. » Scandaleux. Pourquoi les absents ne sont-ils pas radiés sur-le-champ ?

« Mais nous n’étions pas au bout de nos surprises. Même pour les séances de coaching, l’assiduité des demandeurs d’emploi n’est pas toujours au rendez-vous. » Mais quels feignants, ces chômeurs ! « Ce formateur attend douze personnes mais un jeune seulement se présente. » Je ne comprends pas. Ils ne s’en sortiront jamais s’ils n’apprennent pas qu’il ne faut pas s’avachir sur sa chaise et que les recruteurs sont les rois. « A se demander si ce n’est pas du gaspillage d’argent public. » Oui, je me demande.

« La directrice s’en défend », c’est la faute aux jeunes. « C’est lié à une action destinée au public jeune. On parle toujours de la génération Y, c’est une génération plus difficile à capter, il faut s’adapter à ce public-là. » « Il ne faut pas leur faire des réunions à 8 heures et demi le matin ? », interroge l’enquêteur. « S’ils veulent travailler, il faudra qu’ils se lèvent à 8 heures et demi », reprend la directrice. Je perçois mieux l’intérêt du rétablissement du service militaire : ça leur apprendrait à se lever le matin.

« Absentéisme chronique, et ce n’est pas tout, m’alarme l’enquêteur. Ceux qui viennent aux rendez-vous ne sont pas tous motivés. Parfois le jeune demandeur d’emploi ne s’en cache même pas. Il avoue à sa conseillère qu’il préfère prendre du bon temps. » Non mais je rêve ! Quand je pense que mes cotisations lui servent à prendre du bon temps ! « Ça vous arrive souvent d’avoir des jeunes qui disent : “Je peux prendre quelque temps tranquille et vivre sur mes allocs ” ? », interroge le journaliste. « Oui malheureusement, ça arrive beaucoup. » Il faudrait interdire le versement d’indemnisation chômage aux moins de 30 ans. « Après six mois de vacances, ce jeune homme promet à sa conseillère de se remettre au travail. » Pas trop tôt.

L’enquêteur finit de m’écœurer : « Pour certains chômeurs, reprendre une activité n’est pas toujours leur intérêt immédiat. C’est ce que constate une chef d’entreprise à la tête d’une dizaine de boulangeries dans la région. » Et qui mieux qu’une chef d’entreprise peut juger de l’intérêt des chômeurs ? « Cette année, elle a tout de même compté huit chômeurs qu’elle voulait embaucher et qui ont refusé le poste. Exaspérée, elle a écrit à Pôle emploi pour dénoncer ces comportements. » Je la comprends. J’espère qu’elle a donné les noms et que les malotrus iront en prison.

La chef d’entreprise égrène ses « propositions de CDD de remplacement », de mirifiques contrats à durée déterminée payés au Smic qui ont été refusés par des chômeurs parce qu’ils « touchent le chômage. Ils touchent bien plus en restant chez eux qu’en venant travailler parce qu’ils ont des frais supplémentaires, des frais de garde, d’essence, ils vont perdre des allocations logement. Le système, il est fait comme ça. On n’est pas avantagé à aller travailler. » Le journaliste relaie sa proposition : « Pour y remédier, il faudrait donc suspendre les indemnités des chômeurs à qui l’on propose un emploi et qui le refusent. » C’est le bon sens (comme celui du coach). La patronne demande : « Une personne qui peut travailler, vous êtes d’accord pour qu’on la paye à ne rien faire ? » Ah non, je ne suis pas d’accord. Qu’on l’envoie gratter une petite crotte sur le coin du trottoir, ça lui apprendra à se lever le matin.

« Il y a tout de même des obligations à respecter si les chômeurs ne veulent pas être radiés, nuance l’enquêteur. A priori, c’est assez strict, mais qu’en est-il dans la réalité ? » Il faut se méfier des a priori. Heureusement, « depuis un an, à Besançon, des contrôleurs sont chargés de vérifier que les chômeurs sont bien actifs dans leur recherche d’emploi ». Grâce à une salutaire initiative du regretté François Rebsamen. « Ces méthodes sont-elles vraiment efficaces pour dissuader les chômeurs de rester chez eux en vivant de leurs indemnités ? » Pas vraiment car, si « près de six cent cinquante personnes » ont été radiés en 2015, « pour les demandeurs d’emploi pris en défaut, la sanction principale n’est que temporaire : une radiation de quinze jours. La sanction n’est peut-être pas suffisamment dissuasive pour les fraudeurs ». Carrément pas. Quinze jours de taule, voilà ce qu’il leur faudrait, autant profiter des constructions de nouvelles prisons promises par Jean-Jacques Urvoas (et puis ça leur apprendrait à se lever le matin).

« Selon nos estimations, poursuit le journaliste à la louche, environ 20 % des chômeurs ne recherchent pas vraiment un travail. » Il va falloir construire plus de prisons que prévu. « Et ce n’est pas si étonnant quand on s’aperçoit que certains ont trouvé une méthode pour profiter du système. » Des chômeurs profiteurs, c’est presque un pléonasme. « Nous avons contacté plusieurs personnes au chômage et les avons sollicitées pour réaliser des travaux de rénovation d’un appartement. » Malgré la promesse d’un CDI payé trois fois le Smic, le premier candidat préfère le travail au noir. « Il n’est pas le seul à nous faire des propositions de travail non déclaré », s’afflige l’enquêteur, qui rencontre peu après « un autre habitué du cumul des revenus au noir et des allocations chômage. Selon lui, aucun risque de se faire prendre ». Quel laxisme !

La directrice de l’agence Pôle emploi fait preuve d’une coupable permissivité : « Le travail au noir, ce n’est pas sa préoccupation. Un chômeur qui travaille au noir peut conserver ses indemnités sans être inquiété. Les sanctions restent très marginales. » Tout ça parce qu’on manque de prisons. « Ceux qui basculent dans ce genre de combine gonflent inexorablement les statistiques du chômage. » Voilà, tout s’explique : si l’on ajoute aux chômeurs qui travaillent au noir ceux qui préfèrent prendre du bon temps en vivant de leurs allocs et ceux qui refusent un emploi parce que ça engendrerait des frais, on obtient cet affolant « chiffre du chômage » dont se repaissent les éditorialistes. En réalité, il est artificiellement « gonflé » par les assistés fraudeurs.

A la fin de l’enquête, pour me rasséréner, le journaliste s’attarde sur le cas du chef d’entreprise attiré par la gratuité du service public. « Le jeune entrepreneur peut se féliciter des services de Pôle emploi. Ses quatre employés, tous recrutés par Pôle emploi, sont en formation. » L’heureux patron explique : « Ces personnes sont rémunérées par Pôle emploi pendant trois mois, pour l’instant ça ne me coûte rien. » « Grâce à Pôle emploi et à l’argent public, il économise environ 20 000 euros et percevra 8 000 euros de primes à l’embauche. » Ouf, je suis rassuré, tout est fait pour assurer un avenir aux employeurs – pardon, aux chômeurs.


 Samuel Gontier


Immersion dans une agence de Pôle Emploi le 25 septembre dans Capital.

Présenté par Bastien Cadeac dimanche 25 septembre 2016 à 21h00 sur M6, le magazine Capital aura pour thème " Pôle Emploi, le Bon Coin : ils se battent pour vous trouver un travail ".

Pôle Emploi peut-il encore sauver les chômeurs ?

Né il y a quatre ans de la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC, Pôle Emploi a désormais le « superpouvoir » d’indemniser les chômeurs et d’essayer de les placer. Mais Pôle emploi a aussi adopté une nouvelle stratégie : les chômeurs ne sont plus tous traités à la même enseigne par ce service public. Pour faire reculer le chômage de longue durée, tous les moyens sont concentrés sur ceux qui en ont le plus besoin : les jeunes sans diplômes, les plus de 50 ans, les habitants des quartiers sensibles mais aussi ceux qui ne maîtrisent pas internet. On appelle cette nouvelle politique le suivi renforcé. Pour ces publics en difficulté, l’administration sort le grand jeu : « Job Dating », coaching, mise en situation, forums d’entreprise. Depuis peu, des « commerciaux » Pôle Emploi vont même démarcher les entreprises comme des VRP pour vendre leur portefeuille de CV. Pourtant la lutte contre le chômage reste un combat au quotidien.

Capital a choisi de s’immerger pendant plusieurs semaines dans une des 905 agences de Pôle Emploi en France, celle d’un quartier populaire de Belfort, dans l’est de la France, touché de plein fouet par la fermeture de ses usines. Les 42 agents sont sur le pont pour utiliser toutes les armes de la nouvelle stratégie de Pôle Emploi. La directrice a un objectif annuel : placer 4.555 chômeurs sur les 8.000 inscrits dans son agence. Elle est très vigilante sur ce point et affecte son budget en priorité sur les personnes les plus fragiles. Pourtant, Pôle Emploi pourrait être plus efficace, car parfois les conseillers doivent composer avec des chômeurs peu motivés pour retrouver un emploi. Certains ont fait leurs calculs. Pour des raisons économiques, en cumulant frais d’essence et garde des enfants, ils n’ont pas intérêt à travailler… . D’autres veulent profiter du système d’indemnisation le plus longtemps possible, donnant parfois un sentiment de gaspillage aux agents qui les suivent, qui mettent tous les moyens pour les aider et qui parfois les attendent en vain dans les ateliers qui leur sont dédiés. Enfin, la tentation du travail au noir qui permet de cumuler allocation chômage et petits revenus est toujours présente.

Le Bon Coin plus fort que Pôle Emploi ?

Puisque Pôle Emploi ne peut pas, à lui tout seul, régler définitivement le cas des plus de 6 millions de chômeurs en France, les demandeurs d’emplois se tournent aujourd’hui naturellement vers d’autres réseaux de recherche. Près de 80% des chômeurs passent à présent par Internet où l’on trouve près de 600.000 offres. En priorité sur les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou Linkedin mais aussi sur des dizaines de sites comme Keljob, Monster ou Viadéo.

Mais depuis quelques temps un site écrase tout le monde, un portail réputé en premier lieu pour ses bonnes occasions : Le Bon Coin. Le 5ème site le plus visité de France, avec 2.5 millions de visiteurs tous les mois, propose 300.000 offres d’emploi. Une annonce y est mise en ligne toutes les 2 minutes. Son secret : mettre en relation les entreprises et les demandeurs d’emploi, sur la même région, en quelques clics seulement, et c’est totalement gratuit… pour l’instant. Comment Antoine Jouteau, son patron, a fait du Bon Coin une référence européenne dans ce domaine ? Pourquoi le Bon Coin est-il plus efficace que Pôle Emploi ? Et si c’est gratuit, comment le site gagne-t-il de l’argent ?



A LIRE AUSSI :

>> Capital : Le Bon Coin est-il plus performant que le pole emploi pour la recherche de travail ? | Toutelatele.com | 25/09/2016

>> “Capital” : immersion au Pôle Emploi de Belfort, dimanche 25 septembre sur M6 | Les coulisses de la télévision | 07/09/2016





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