Ouvrir à la concurrence l'indemnisation du chômage, la proposition révolutionnaire d'un think tank libéral

INFO LE FIGARO - Alors que les partenaires sociaux peinent à négocier les modalités de la nouvelle convention d'assurance chômage, l'institut de recherches économiques et fiscales (Iref) propose des réformes radicales pour résorber le déficit du régime. À savoir une allocation forfaitaire pour tous et le recours à des assurances privées.

Ce sont des propositions dont le patronat n'oserait même pas proposer! Pour réformer l'assurance chômage et résorber son déficit annuel supérieur à 4 milliards d'euros, l'Institut de recherches économiques et fiscales (Iref), un think tank libéral, prône la méthode forte. Il suggère d'ouvrir l'assurance chômage à des acteurs privés afin d'introduire de la concurrence sur ce marché. «Pourquoi faut-il que la gestion du chômage, qui est un risque assurantiel, soit gérée par la puissance publique dans un régime unique et monopolistique?» , s'interrogent les auteurs de son étude.

Ils démontrent que le coût des trois régimes privés existant actuellement en France -la garantie sociale des chefs et dirigeants d'entreprise (GSC), l'association pour la protection des patrons indépendants (Appi) et la garantie April assurances- est globalement moins onéreux que celui de l'Unedic. Ces régimes s'adressent aux professionnels indépendants et mandataires sociaux non pris en charge par l'Unedic. «Pour le moins, il est possible d'ouvrir le système à la concurrence en permettant aux salariés d'opter pour une assurance chômage auprès de l'organisme de leur choix tout en permettant à l'Unedic de conserver les adhérents qui le souhaiteraient», juge l'Institut.

Indemnisation forfaitaire avec assurance complémentaire en option

L'Iref suggère encore que l'Unedic, afin de retrouver son équilibre financier, adopte un système d'allocation forfaitaire, dégressive au bout de quelques mois de recherche d'emploi. L'institut plaide pour une allocation proche de celle accordée aux personnes qui étaient rémunérées au Smic, soit 30,81 euros par jour (937, 44 euros par mois). Ce serait «une indemnité forfaitaire accordée à tous, y compris à ceux dont le revenu de référence est inférieur au Smic». Cette réforme permettrait d'économiser 6,42 milliards d'euros, assurent les experts de l'Iref.

Une telle révolution dans l'indemnisation susciterait aussi de multiples cas de détresse individuelle. Pour y remédier, l'Iref suggère que les particuliers puissent librement souscrire à une assurance chômage complémentaire qui les protégerait mieux.


Anne de Guigné



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