Chez Pôle Emploi, les algorithmes ne remplaceront pas les conseillers


Par Jean Bassères, Directeur général de Pôle emploi

Pour Jean Bassères, à la tête de Pôle emploi, les nouvelles technologies sont précieuses mais ne se substitueront jamais à l'humain.

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Parce qu’ils sont capables de traiter en temps réel des quantités très importantes de données et ce de manière simultanée et croisée, les algorithmes fascinent autant qu’ils inquiètent.

Il faut savoir que plus de la moitié des applications installées sur un smartphone sont prédictives et que nous confions déjà une grande partie de nos décisions aux algorithmes et à leurs «super-pouvoirs» d’automatisation, d’optimisation et de prédiction. Et si certaines de ces décisions n’ont qu’une importance relative, d’autres seront peut-être demain plus essentielles pour nos vies.

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Le potentiel des algorithmes apparait alors infini. Ils permettent de créer des applications innovantes, d’améliorer un service ou tout simplement de faciliter le quotidien, et ce dans tous les domaines : du marketing et de la publicité bien sûr, mais cela est aussi vrai lorsque l’on s’intéresse au transport ou à l’emploi. Capables de rendre la ville «intelligente», ils seraient aussi en mesure de résoudre le chômage ?

Parier sur les algorithmes

Chez Pôle emploi, nous avons fait le pari du digital et des algorithmes. Nous mettons à disposition de nombreuses données en libre accès et nous travaillons avec des développeurs et des start-ups pour imaginer de nouvelles applications, capables de fluidifier et d’optimiser le marché du travail. Nous nous sommes aussi associés à l’ONG Bayes Impact, dans une logique d’innovation collaborative, pour créer un nouveau service à destination des demandeurs d’emploi et des conseillers ; il s’agit de donner accès à la bonne information, au bon moment et de suggérer des actions utiles au parcours professionnel. Ce service sera en open source, c’est-à-dire potentiellement re-exploitable par toute structure en mesure de le nourrir avec des données intéressantes pour son fonctionnement. Cette capacité d’innovation repose aussi sur nos conseillers, qui peuvent devenir des «intrapreneurs» et c’est ainsi que nous avons développé «La bonne boîte» ou «La bonne formation».

Ne pas remplacer l’humain

Nous avons fait ce pari sans oublier que la recherche d’emploi ou l’embauche d’un candidat, n’est pas seulement une question de rapprochement mécanique et automatique entre un profil et une offre (ou l’inverse). Bien sûr les algorithmes et le numérique peuvent faciliter une recherche d’emploi ou de candidat, dans le sens où ils peuvent détecter des opportunités, révéler des potentiels ou initier une rencontre. Mais ils ne remplaceront jamais le travail qu’accomplissent au quotidien les conseillers. Ils accueillent, écoutent, proposent des formations, orientent, accompagnent demandeurs d’emploi et entreprises de manière personnalisée. Une récente enquête a même permis de démontrer que le travail de prospection des conseillers entreprise de Pôle emploi a fait progresser le nombre d’embauches en CDI de 13%. Le contact humain, l’échange, l’expertise apportée par les conseillers, accélèrent la création d’emploi ou lèvent les obstacles à une embauche qui ne se serait peut-être jamais faite. Et surtout, nous accordons une vigilance particulière à ce que ces nouveaux outils puissent bénéficier à tous, y compris aux publics les plus fragiles, pour lesquels l’accessibilité au numérique est un défi que nous nous engageons à relever.

C’est en les mettant au service des conseillers, des demandeurs d’emploi et des entreprises, que les algorithmes seront véritablement au service de l’emploi.

Jean Bassères Directeur général de Pôle emploi



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