Assurance-chômage : la négociation peine à démarrer

Après avoir examiné le cas des intermittents, les partenaires sociaux ont commencé ce jeudi à discuter de l’avenir de l’Unédic plus globalement.

Les partenaires sociaux se sont retrouvés ce jeudi pour une séance de négociation sur l’avenir de l’assurance-chômage. La quatrième, sur les six programmées. Mais la première où ils ont abordé la question de l’avenir du régime général de l’UNEDIC. Le dossier des intermittents a été temporairement refermé . A charge pour les professions du spectacle de trouver les 185 millions d’économies que demande la lettre de cadrage co-signée par le patronat, la CFDT, la CFTC et la CGC.

La négociation sur l’assurance-chômage n’a pas pour autant démarré sur les chapeaux de roue. Du côté des syndicats, on a noté que le patronat « était un peu plus raide aujourd’hui qu’à la première réunion », dixit la négociatrice de la CFDT, Véronique Descacq. La faute à la discussion parlementaire sur le projet de loi Travail , pensent les organisations de salariés. « Le Medef met la pression sur le gouvernement dans le cadre de la loi El Khomri », a déploré Eric Aubin, de la CGT. « Veut-il arriver à un résultat dans les délais impartis [fin mai] ? », s’est interrogé Franck Mikula, de la CGC, alors une septième séance de négociation va être rajoutée le 30 ou le 31 mai. « Nous avons proposé le calendrier, j’ai le sentiment de faire tout ce qu’il faut pour respecter les échéances », a affirmé le chef de la délégation patronale, Jean Cerutti.

Le Medef veut interpeller l’Etat

La discussion s’est concentrée sur le travail effectué par Pierre Cahuc et Corinne Prost pour le Conseil d’analyse économique. Ces deux chercheurs proposent de réformer les règles de calcul de l’indemnisation pour éviter un effet paradoxal du système actuel de cumul entre emploi et allocations chômage dans le mois : le fait qu’un salarié travaillant à temps plein ou quasi-plein inscrit à Pôle emploi gagne plus au total qu’un salarié à temps plein non inscrit à Pôle emploi .

L’étude réalisée par l’Unedic a montré que le système préconisé pénalisait les demandeurs d’emploi ayant des contrats très courts. Tous les partenaires sociaux ont jugé que la solution proposée ne pouvait pas être reprise telle quelle. Ce qui ne veut pas dire que le dossier est refermé. La CFDT veut travailler sur le mode de calcul pour éviter les dépassements. Le patronat n’abandonne cependant pas l’idée d’une baisse des allocations assortie d’une augmentation de la durée d’indemnisation.

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Le Medef veut aussi interpeller l’Etat sur trois sujets : l’absence d’obligation de cotisation à l’Unedic des entreprises publiques ; les conventions sur les frontaliers avec la Suisse et le Luxembourg, qui coûtent 80 millions d’euros à l’Unedic rien que pour ce dernier, la contribution de 10 % au financement du fonctionnement de Pôle emploi. Par ailleurs, outre une réforme du mode de calcul des allocations, il veut aussi mettre en place une dégressivité mais centrée sur l’effectivité ou non de la recherche d’emploi ou encore un recul de l’ouverture des droits spécifiques aux seniors.

La prochaine séance de négociation a lieu le 28 avril, mais d’ici là il est prévu, le 14 avril, une réunion technique pour préciser les chiffrages de mesures sur lesquels devra travailler l’Unedic.


Leïla de Comarmond



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