Florilège des premières réactions au “Rapport Iborra”

Nous avons dans ce blog analysé les grandes lignes du “Rapport Iborra” (voir Le “rapport Iborra” enterre les Maisons de l’Emploi et propose un double système en concurrence sur les territoires), et il nous semble intéressant de compléter cette analyse avec un certain nombre de réactions

Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi réagit auprès de l’AFP, ce que publie Pull-Over blog. Nous relevons l’échange ci dessous

La mission préconise que le deuxième entretien ait lieu pour tous moins de 4 mois après l’inscription (contre 4 mois et 9 mois dans le plan prévu), en auriez-vous les moyens ?

Je comprends le sens de cette proposition au regard de l’objectif de retour rapide à l’emploi. C’est pourquoi, nous avons déjà prévu pour les demandeurs d’emploi qui bénéficient d’un accompagnement renforcé, que le 1er entretien intervienne avant le 4eme mois .Aller au-delà aujourd’hui ne me parait pas réaliste.

Cette réponse rejoint l’interrogation sur l’incohérence entre la direction affirmée dans le projet Pôle emploi 2015 et l’affirmation formulée par le Président de la République que ”nous puissions notamment permettre dans les deux/trois premiers mois où le demandeur d’emploi se présente à Pôle emploi, il puisse y avoir une formation professionnelle qui puisse lui être dispensée”, ce qui suppose une réorganisation complète du calendrier de suivi des demandeurs, ce que Jean Bassères semble vouloir ignorer.

Le MNCP, Mouvement National des Chômeurs et Précaires publie un communiqué, sous le titre “Rapport Pôle Emploi : des paroles aux actes ? Une satisfactin exprimée en ces termes ”Nous saluons ce rapport qui a le mérite de poser les problèmes de fonctionnement de Pôle Emploi, et qui a su en partie prendre en compte les revendications des organisations de chômeurs : représentation des demandeurs d’emploi au Conseil d’Administration de Pôle Emploi, limites de la dématérialisation, interdiction des radiations pour absence à entretien téléphonique, rôle des comités de liaison…” voisine avec un regret “Nous déplorons que la question pourtant fondamentale du revenu des chômeurs n’ait pas du tout abordée.

Jean-Paul Dupré, président du Conseil National des Missions Locales, dans un courrier non publié pour le moment, sur le site du CNML, relève l’hétérogénéité du regroupement proposé “les écoles de la 2ème chance sont des strucfures de formation, les PLIE sont en premier lieu des plans d’action pour l’insertion professionnelle de tous les publics, jeunes et adultes, financés en partie par les fonds européens (FSE) et les missions locales sont des structures associatives présidées par des élus locaux spécifiquement dédiées à l’accompagnement des jeunes de 16 à 25 ans

Il s’étonne “que le rapport n’intègre qu’un nombre limité d’informations fournies par le Secrétariat général du CNML” et que qualifier d’obsolète le système d’information ’”omet de mentionner que le système d’information du réseau -Parcours 3- donsidéré par le rapport de l’Inspection Générale des Finances en 2010 comme structurant sera remplace en 2014 par un nouveau système d’information I-Milo

Enfin nous relèverons que le président du CNML critique en ces termes le rapport présenté par sa collègue, député socialiste comme lui “Le rapport ne rend pas compte de la mission d’accompagnement global des jeunes par les missions locales. Celles-ci ont ,en effet, pour mission non seulement l’insertion professionnelle des jeunes, mais aussi leur accompagnement pour répondre à leurs besoins en matière de santé, de logment, de mobilité, de culture

Le moins qu’on puisse dire à la lecture de ce courrier est qu’il aurait fallu que la mission auditionne le président du CNML, ce qu’elle n’a pas jugé utile de faire, malgré la multiplication des auditions. On peut aussi noter que la mission a déployé une capacité d’écoute très sélective.

Les principaux syndicats des Missions locales, CFDT et CGT, rapellent pour leur part à l’occasion les pratiques qu’elles déplorent du conseil régional Midi Pyrénées, où Monique Iborra fut vice-présidente en charge de la formation professionnelle, remettant en cause le rôle des Missions locales, en confiant une presttion d’orientation à des organismes de formation, et lançant un appel d’offres auprès d’Opérateurs Privés de placement, pour un “Pass insertion“, pratiques fondées sur une mise en concurrence et non sur la constitution d’un service public efficace (voir le courrier du SYNAMI CFDT au président de la région ici)

Quant à la CFYC Insertion, elle reproduit mon article sous le titre “POSITION D’UN ANCIEN PRÉSIDENT DE ML SUR LE RAPPORT IBORRA

Pour le moment il ne semble pas y avoir de réaction de la part d’Alliance Ville-Emploi, représentant les Maisons de l’Emploi et les PLIE ni des Ecoles de la Deuxième Chance, pourtant directement concernées

Par contre les réactiosn de sacteiurs de terrain commencent, à linstar de celle de Guy Paris, conseiller général de l’Yonne, consiller municipal délégué d’Auxerre, président de la Maison de l’Emploi de l’Auxerrois et président de l’Union régionale de sMaisons de l’emploi et des PLIE de Bourgogne qui écrit dans son blogJ’espère que les prémices de réformes dont il est question au niveau de l’Etat concernant les Maisons de l’Emploi et des PLIE n’aboutiront pas (rattachement des PLIE soit aux départements, soit aux Missions locales et Ecoles de la deuxième chance -sortir les Maisons de l’emploi du Service Public de l’Emploi, et rattachement aux Régions et (ou) interco…) ; toutes sortes de scenari qui casserait le concept de base d’une structire destinée à fédérer sur un territoire, à assembler tous les acteurs et dispositifs, emploi, formation, insertion

A suivre


@ Michel Abhervé pour Alternatives Economiques

Michel Abhervé

Professeur associé à l'université de Paris Est Marne la Vallée, il y enseigne l'économie sociale et les politiques publiques dans une licence professionnelle « Management des organisations de l'économie sociale ». Il a mis en place la possibilité de suivre cette formation en apprentissage. Il intervient également dans le Master rénové «Management de l'insertion dans l'économie sociale et solidaire » et contribue à l'animation du site ressources pour l'économie sociale www.univ-mlv.fr/ecosoc.

Michel Abhervé a exercé des responsabilités politiques en étant pendant plus de 20 ans élu à Evry et au conseil régional d'Île-de-France. Il a en particulier suivi des dossiers concernant l'insertion, la formation professionnelle, assuré la présidence de l'Union nationale des missions locales, et vient de suivre pour les employeurs de l'économie sociale le Grenelle de l'insertion, à travers un blog

>> Le blog de Michel Abhervé (Alternatives Economiques)





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