84 % des offres d'emploi échappent à Pôle Emploi

Rapporteure pour la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale du rapport d’évaluation du service public de l’emploi en France, la députée Monique Iborra (PS) a présenté hier à Toulouse ses propositions pour améliorer le fonctionnement de Pôle Emploi et des acteurs de l’emploi. Le diagnostic de la députée de la 6e circonscription de Haute-Garonne a été remis au ministère de l’Emploi et au Premier ministre.

Trop d’organismes. Entre les agences de Pôle Emploi, les missions locales, les maisons de l’emploi et les écoles régionales de la deuxième chance, 62 000 organismes accompagnent les demandeurs d’emploi en France. «Chacun travaille de son côté ce qui aboutit à un retour différé à l’emploi», déplore Monique Iborra, qui préconise que les conseils régionaux soient désormais «les chefs de file de l’insertion professionnelle, de l’apprentissage, de l’orientation et de la formation».

Pôle Emploi : un «mammouth» à dégraisser. La fusion des anciennes ANPE et Assedics a rendu le fonctionnement des services extrêmement compliqué. «L’un s’occupait de l’accompagnement des demandeurs, l’autre des indemnisations. Or ce n’est pas le même métier. Aujourd’hui, un demandeur d’emploi qui vient de s’inscrire doit attendre entre huit et quinze jours avant de connaître le montant de son indemnisation. La centralisation reste importante au niveau national ce qui alourdit les procédures. Ainsi, le premier entretien pour une personne qui vient de s’inscrire au chômage n’a lieu que quatre mois après la première déclaration ; il faut être plus rapide !»

Pas assez efficace. Lors de leur enquête, les auteurs du rapport parlementaire ont visité cinq régions, ont observé des entretiens de Pôle Emploi et «se sont mis à la place du demandeur d’emploi». Leurs conclusions sont accablantes : «Lors d’un entretien avec un conseiller qui doit durer 50 minutes, les trois quarts du temps sont consacrés à remplir des dossiers. Une simplification s’impose». Par ailleurs, et c’est le plus inquiétant, Pôle Emploi ne récolte que 16 % des offres d’emploi. «Les entreprises estiment que les lourdeurs administratives ne répondent pas à leur demande. Nous préconisons que des équipes spécialisées aillent démarcher les entreprises et que soit établi un portail général de l’ensemble des offres d’emploi» affirme Monique Iborra.

Manque de clarté. Selon le rapport, «les conseillers n’ont aucun moyen de savoir si les demandeurs qu’ils ont accompagnés ont pu retrouver un emploi». Quant aux bénéficiaires du RSA, ils sont baladés entre Pôle Emploi et le conseil général. «Nous suggérons qu’une assistante sociale du conseil général soit détachée dans chaque agence de Pôle Emploi» ajoute Monique Iborra.

Trop d’exclus. La députée propose enfin que les radiations «soient graduées» et que les demandeurs d’emploi les plus en difficulté, découragés par la barrière d’internet, «soient reçus physiquement». «Sinon c’est l’exclusion numérique» considère Monique Iborra.

Sébastien Marti

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