Chômage : l'Unédic priée d'économiser 800 M€ cette année

L'exaspération est grande dans les QG des syndicats. Alors que la négociation sur l'assurance chômage n'a pas encore commencé — elle doit débuter le 22 février et se terminer fin juin — le gouvernement multiplie les appels à un tour de vis sur les chômeurs.

« La décision ne dépend pas du gouvernement mais du patronat et des syndicats qui gèrent le régime », grommellent-ils en chœur. En 2014, lors de la précédente négociation sur la convention d'assurance chômage, le gouvernement s'était alors bien gardé de les appeler à jouer les Pères Fouettards.

Seulement 43 % des chômeurs sont indemnisés

Mais les temps ont changé. Faute d'inversion de la courbe du chômage, les comptes de l'Unédic sont aujourd'hui dans le rouge vif. Comme l'a souligné récemment la Cour des comptes, la dette a doublé en cinq ans et devrait atteindre 29 Mds€ d'ici la fin de l'année. Et Bercy a prévu, avant même de connaître l'issue des négociations, que l'assurance chômage devait économiser 800 M€ cette année. Une contribution réclamée au régime des chômeurs, pour réduire le déficit public de la France à 3,3 % du PIB et montrer patte blanche à Bruxelles.

Des pressions qui ne sont pas du tout du goût des syndicats. Si le système est supposé généreux, seuls quatre chômeurs sur dix (43,1 %) sont actuellement indemnisés, rappellent-ils, une proportion en net recul. Pour un montant moyen de 1 057 € net par mois (fin 2014).

Le risque, pour le gouvernement, serait que les négociateurs se déchirent sans aboutir, laissant à Manuel Valls le soin de prendre la main pour décider, lui-même, d'un tour de vis aux chômeurs à quelques mois de l'élection présidentielle...

QUESTION DU JOUR. >> Etes vous favorable à ce que les indemnités du chômage deviennent dégressives ?



Catherine Gasté



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