Former 500 000 chômeurs ? "Pôle emploi a toujours réussi", affirme un responsable

François Hollande souhaite former 500 000 chômeurs de plus en 2016. Aucun souci, nous sommes prêts, répond en substance le responsable du département "Orientation professionnelle et formation" de Pôle emploi, Fabien Beltrame.

Lundi 11 janvier, de 8 heures à 18 heures, le premier ministre et la ministre du Travail reçoivent un par un les syndicats et organisations patronales. Objectif : entendre leurs propositions sur l’emploi.

François Hollande doit détailler, lundi 18 janvier, les mesures pour l’emploi annoncées le 31 décembre et sans doute en présenter d’autres, notamment sur l’apprentissage.

Parmi les mesures connues : le passage à 500 000, au lieu des 150 000 prévues pour 2016, des formations prioritaires destinées aux demandeurs d’emploi.

Responsable du département "orientation professionnelle et formation" à la direction générale de Pôle emploi, Fabien Beltrame explique comment Pôle emploi travaille sur ce dispositif.

L'Usine Nouvelle : Pôle emploi est-il prêt à passer de 100000 formations prioritaires assurées en 2014 et 2015, à 500000 en 2016 ?

Fabien Beltrame : Nous avons eu plusieurs plans de formations prioritaires de demandeurs d’emploi, et jusqu’ici, Pôle emploi a toujours réussi. On se mettra en situation d’y parvenir, d’autant que nous avons déjà préparé un plan de 150 000 formations, comme nous l’avait demandé le président de la République en octobre.

Le premier plan, en 2013, a été décidé à la conférence sociale, en juin. Il a fallu se coordonner pendant l’été pour proposer plus de 30 000 formations aux demandeurs d’emploi durant le second semestre. A l’arrivée, 36 745 demandeurs d’emploi sont entrés en formation dans le cadre de ce dispositif, en plus des habituelles formations de demandeurs d’emploi.

En 2014, le "plan 100 000" a lui aussi dépassé son objectif, puisque 101 152 personnes sont entrées en formation dans son cadre. Lors des premiers plans, on a un peu essuyé les plâtres, mais on s’est amélioré pour les plans suivants. Aujourd’hui, les acteurs sont rôdés.

En quoi ces formations sont-elles différentes des autres ?

Leur logique est complètement différente: on part des besoins des entreprises, on finance des formations qui y correspondent, et on demande aux demandeurs d’emploi d’y aller. Le point de départ, ce sont bien les besoins des entreprises. Il y a une très forte volonté de sortir des plans d’avant, où on achetait massivement des formations.

Comment travaillez-vous ?

C’est toute une chaîne qui est mise en action… Sur chaque territoire, nous dressons la liste des besoins en compétences des entreprises. Au niveau de chaque agence Pôle emploi, puis nous consolidons ces données au niveau régional. Au début, nous travaillions avec les branches professionnelles. Aujourd’hui, nous avons des conseillers dédiés aux relations avec les entreprises, qui les visitent et peuvent dresser un diagnostic beaucoup plus fin de leurs besoins.

Il faut aussi repérer les demandeurs d’emploi qui seront envoyés en formation. Leur suivi a évolué, et nous pouvons dégager du temps pour nous concentrer sur leur projet professionnel, et construire avec eux un véritable parcours.

Pôle emploi est chargé de la mise en œuvre du conseil en évolution professionnelle (CEP) pour les demandeurs d’emploi. Ce nouveau dispositif monte en charge depuis avril 2015, et nous permet d’accompagner au plus près de les demandeurs d’emploi.

La ministre du Travail a par ailleurs annoncé que les demandeurs d’emploi allaient être poussés vers l'obtention de titres professionnels.

Progressivement, tout va dans le même sens : rendre possible une formation des demandeurs d’emploi adaptée aux besoins des entreprises, identifiés localement. Les demandeurs d’emploi trouvent un poste, et les entreprises, les compétences qu’elles recherchent.

Propos recueillis par Cécile Maillard


Plusieurs dispositifs de Pôle emploi permettent de mettre en place des formations individualisées, adaptées aux besoins spécifiques et identifiés des entreprises. Pas toujours bien connus des entreprises, ils sont particulièrement efficaces pour répondre à un besoin précis :
- La préparation opérationnelle à l’emploi (POE) individuelle exige un engagement de l’entreprise à recruter le demandeur d’emploi à la sortie de sa formation (en CDI ou CDD de plus de 12 mois). Elle participe évidemment à son recrutement, et la formation, professionnalisante, est assurée par des organismes proches de la branche. Souvent, l'entreprise l’accueille en stage durant sa formation.
- La POE collective répond à un besoin identifié par plusieurs entreprises d’un même secteur, soutenues par leur branche. On décide de former 12 ajusteurs ou 15 développeurs, dans un bassin d’emploi donné, par exemple. Le Syntec numérique a signé plusieurs accords avec des directions régionales de Pôle emploi, et son président ne jure que par la POE collective !
- L’Action de formation préalable au recrutement (AFPR) permet à l’entreprise de former elle-même le demandeur d’emploi, par tutorat. Celui-ci est rémunéré par Pôle emploi, et l’entreprise reçoit une aide financière. Comme dans la POE individuelle, l’entreprise s’engage à le recruter, mais le contrat de travail peut être plus court (CDD de 6 à 12 mois par exemple).





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