Les députés pressent Pôle emploi d'évoluer

Ils prônent un « service public d'insertion pour l'emploi ».

C'est un état des lieux sans concession que dresse le rapport de la mission d'information sur Pôle emploi et le service public de l'emploi, présenté hier par la député socialiste Monique Iborra. Le document pointe « un mode de travail éclaté et mécanique au sein d'une structure tendant à la centralisation », et un « accompagnement trop peu personnalisé ». Il prend acte, dans le cadre du plan stratégique 2015 de Pôle emploi, du lancement d'un service différencié avec accompagnement renforcé pour les chômeurs les plus éloignés dans l'emploi, notant « des expérimentations prometteuses ».

Les députés n'en posent pas moins leurs exigences, notamment le raccourcissement du délai entre l'entretien d'inscription au chômage et le rendez-vous suivant, aujourd'hui de quatre mois, ou encore la création d'équipes spécialisées dans le contact avec les entreprises. Mais la critique reste mesurée, alors que Pôle emploi est soumis à rude épreuve, avec la hausse rapide du chômage.

Principale proposition du rapport : la création d'un «  service public d'insertion pour l'emploi ». L'idée de renvoyer au niveau régional la gestion des questions de formation des demandeurs d'emploi, de formation en alternance comme d'orientation n'est pas nouvelle. Elle figure même en bonne place dans le projet de décentralisation. Mais la députée de Haute-Garonne propose d'aller très loin, en « regroupant, au sein de structures généralistes de portée régionale les missions locales, les plans locaux pour l'insertion et l'emploi (PLIE) et les écoles de la deuxième chance qui seraient désormais appelées à travailler sous une même enseigne ». Une proposition peu consensuelle.

Le rapport se penche par ailleurs sur la question de l'accompagnement des chômeurs au RSA. En 2012, la moitié des départements n'a pas confié la mission - tarifée il est vrai - à Pôle emploi, contre 30 % en 2009. Pour une partie, c'est pour des raisons financières, mais pour une autre, c'est « faute d'avoir obtenu [...] un retour d'information quant au devenir des bénéficiaires suivis ».

Par Leïla de Comarmond


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