Redresser les comptes de l'Unédic

Syndicats et patronat entameront fin janvier la renégociation de la convention Unédic, qui expire fin juin. Après des années de chômage massif, la dette du régime atteint désormais 26 milliards d'euros, un record (voir infographie). Et, faute de changements, elle devrait continuer à se creuser, même en cas de léger recul du chômage en 2016. Le patronat veut de fortes mesures d'économies et devrait en particulier préconiser de rendre les allocations dégressives dans le temps. Il devrait aussi revenir à l'attaque sur le coûteux régime des intermittents du spectacle, au risque, pour le gouvernement, que cela ne relance le conflit qui avait perturbé l'été 2014. Sur la défensive, les syndicats répètent que l'ampleur du chômage et les tensions sociales interdisent de réduire les droits des privés d'emploi. Ils ambitionnent d'obtenir une surtaxation accrue des contrats courts après les premiers pas faits en ce sens en 2013 dans l'ANI sur la sécurisation de l'emploi. L'objectif serait d'à la fois augmenter les recettes du régime et de lutter contre la précarisation de l'emploi, les allers-retours croissants entre le chômage et des postes de courte durée coûtant cher à l'Unédic. Dans ce contexte, la perspective d'un accord est très incertaine. Un échec obligerait le gouvernement à reprendre le dossier et à se charger d'éventuelles décisions impopulaires, une perspective qui ne serait pas pour déplaire à certains au sein du patronat.


DEREK PERROTTE


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