Les députés veulent réformer Pôle emploi

Le service public de l'emploi doit être simplifié «en profondeur» pour gagner en efficacité.

Quatre ans après une naissance «précipitée» en pleine crise, Pôle emploi «doit être réformé en profondeur». C'est le constat sans concession dressé par les députés socialistes et UMP de la mission sur l'emploi présidée par Dominique Dord (UMP), dont le rapport d'information a été présenté mercredi. «Pôle emploi a besoin d'air, de déconcentration» et surtout de «plus de contacts humains entre conseillers et chômeurs», résume la rapporteur PS Monique Iborra. Un idéal d'autant plus difficile à atteindre, admet-elle, que la France est touchée par un chômage de masse et que la barre des inscrits dépasse les 5,3 millions toutes catégories confondues et 3,2 millions dans la seule catégorie A. Des records qui devraient d'ailleurs encore grimper les prochains mois…

Les députés prennent acte des réorganisations en cours «qui vont dans le bon sens», comme l'accompagnement différencié des chômeurs en fonction de leurs difficultés à trouver un emploi. Toutefois, Pôle emploi et le service public de l'emploi plus généralement font vraiment figure, pour leurs «clients», de boîte noire. Les demandeurs d'emploi, d'abord, sont perdus dans «le maquis d'institutions et d'instruments aux relations complexes». Missions locales, écoles de la deuxième chance, PLIE (plans locaux pour l'insertion dans l'emploi)… Il faut simplifier, regrouper toutes ces structures et les placer sous l'égide des régions, estiment les députés.

Une fois trouvé le chemin de Pôle emploi, les chômeurs ne sont pas pour autant sortis du labyrinthe. Leur premier rendez-vous avec un conseiller - qui dure en moyenne 50 minutes - est mangé aux trois quarts par des formalités administratives. L'idéal pour les députés serait qu'ils obtiennent à la sortie, pour ceux qui peuvent prétendre à une allocation, au moins une «estimation de leur indemnisation». Reste que les règles actuelles -qui doivent être rediscutées en fin d'année - sont si complexes qu'il a fallu créer des «référents réglementaires» en interne pour aider les conseillers à les appliquer. Il faut «simplifier».

Radiations trop sévères

Autre grief: les délais entre les rendez-vous sont trop longs, ce qui retarde d'autant le retour vers l'emploi des chômeurs. Il faudrait les réduire à moins de quatre mois, préconisent les élus, qui considèrent aussi que les règles de radiation sont trop sévères, et ce bien qu'elles représentent moins de 10 % des sorties mensuelles de Pôle emploi.

Les entreprises, et particulièrement les TPE et PME, se trouvent dans la même situation que les chômeurs. «Elles ont l'impression de ne pas être suffisamment écoutées, la lourdeur de la machine administrative - réelle - les décourage», juge Monique Iborra. Un chiffre résume ce fossé: Pôle emploi ne recueille que 16 % des déclarations uniques d'embauche. «Il y a zéro confiance entre les entreprises et Pôle emploi», résume Bérengère Poletti (UMP).

Pour retisser ces liens, les députés proposent de spécialiser des agents dans la relation avec le privé. Bref, de revenir à ce qui existait du temps de… l'ANPE. «Il faut toujours garder à l'esprit que l'usager du service public de l'emploi est aussi l'entreprise, notent les députés. Sans elle, tout accompagnement vers l'emploi est vain.»

Guillaume Guichard


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