Hénin-Beaumont: désespéré, un chômeur avait menacé de«tirer dans le tas» à Pôle emploi

C’est un acte de désespoir qui a poussé cet habitant de Montigny-en-Gohelle le 18 novembre.

Sans emploi depuis trois ans, il s’est présenté au Pôle emploi d’Hénin excédé et a lancé à la conseillère: « Si vous ne m’apportez pas de solution, je reviens et je tire dans le tas ! » Dans le contexte actuel, après les attentats de Paris, cette phrase a très vite suscité émotion et inquiétude. D’autant que N. O. R., 46 ans, a ajouté « Je suis arabe, c’est pour ça que je ne travaille pas. Ne vous plaignez pas des attentats à Paris. En Palestine c’est tous les jours comme ça ».

Contexte de tension

Suite au dépôt de plainte du responsable de l’agence de Pôle emploi, N. O. R. a été entendu au commissariat. Son avocat, Me Zehnder se souvient que ce jour-là on l’a appelé pour assister un djihadiste, « preuve que ces faits interviennent dans un contexte de tension car on est loin de ça » explique l’avocat au tribunal. Il n’y avait pas de revendication terroriste derrière les mots de N. O. R. qui s’est excusé par courrier auprès de la conseillère, mais une grande détresse qui s’est traduite de manière la plus inappropriée qui soit.

« Un homme à bout de force face à une société à cran »

« J’étais remonté, explique-t-il. Ça fait trois ans que je suis au chômage. Je devais partir en formation et ça ne s’est pas fait. J’étais à bout, je me suis énervé. Mes paroles ont dépassé mes pensées. Je n’aurais pas dû... » La présidente acquiesce, elle qui insiste sur le fait que les attentats étaient encore « tout frais » et que la conseillère « a dû prendre peur ».
Le procureur voit dans ces menaces la traduction de « la rencontre entre un homme à bout de force face à une société qui est à cran ». S’il comprend son désarroi, il estime qu’il a choisi « le pire des moyens pour se faire entendre », ajoutant que le personnel de Pôle emploi n’a pas à aller au travail avec la peur au ventre. En réponse, il a requis une peine de trois mois de prison avec un travail d’intérêt général de 105 heures.

Réquisitions d’apaisement

« Des réquisitions d’apaisement » pour Me Zehnder qui a rappelé que son client était surtout un homme à la limite de la dépression. « Tout ce qu’il demande, c’est un travail. C’est important pour lui, il veut s’insérer. » Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur : trois mois avec sursis, 105 heures de travail d’intérêt général et une obligation de soins psychologiques.


C.T. avec AFP



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