Les députés auditent Pôle emploi

La mission d’information de l’Assemblée nationale sur Pôle emploi suggère de simplifier le paysage des services publics de l’emploi. Les chômeurs ne pourraient plus être radiés au seul motif d’une absence à un entretien téléphonique.

“C’est un système très éparpillé, une machine énorme avec un traitement formaté et d’une complexité incroyable.” Lorsque le député Dominique Dord, président (UMP) de la mission d’information sur Pôle emploi et le service public de l’emploi, parle de l’agence issue de la fusion de l’ANPE et des Assedic en 2008, il ne mâche pas ses mots. Sa conviction est faite : le paysage des services publics de l’emploi doit être simplifié et les compétences des différentes administrations clarifiées pour améliorer l’accompagnement des chômeurs.

La députée PS Monique Iborra, rapporteure de la mission d’information, veut mettre fin au “ballottage” des demandeurs d’emploi et particulièrement des jeunes peu qualifiés. Les missions locales, les plans locaux pour l’insertion et les écoles de la deuxième chance doivent être unifiés sous un “service public d’insertion pour l’emploi”, propose-t-elle. Une manière de rompre avec la situation actuelle qui souffre de “l’intervention excessive” d’acteurs indépendants et sous-traitants entre eux, sans stratégie d’ensemble. [cliquez ici pour lire le rapport]

Sortir de l’autisme

L’élue de Haute-Garonne insiste sur le rôle clé du conseil régional, qui doit être le vrai chef de file de l’insertion professionnelle, de la formation, de l’orientation et de l’apprentissage. Les régions ont vocation à devenir les acheteurs uniques de formation par souci d’efficacité. La proposition vient en réponse à la demande de la Cour des comptes de “simplification et d’efficacité des instances chargées de la coordination locale”.

En réponse à son collègue Dominique Dord, qui juge “dommage que les conseillers de Pôle emploi ne puissent pas exprimer davantage leur valeur ajoutée”, Monique Iborra recommande d’octroyer de nouvelles marges de manœuvre aux conseillers, les laissant libres de choisir le rythme et le mode de suivi des demandeurs d’emploi. Elle prône d’autre part la création d’équipes spécialisées dans le suivi des relations avec les entreprises pour sortir de “l’autisme” que l’agence peut avoir vis-à-vis des autres acteurs.

Un rendez-vous dans les quatre mois

Le demandeur d’emploi se verrait, lui, doté de quatre nouveaux droits. Dès son premier entretien chez Pôle emploi, il prendrait connaissance du montant futur de ses allocations et serait assuré d’avoir un autre rendez-vous dans les quatre mois. Il ne pourrait plus être radié au seul motif d’une absence à un entretien téléphonique. Des associations d’usagers seraient enfin présentes au conseil d’administration de Pôle emploi.


César Armand

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