Mont-de-Marsan : des policiers au chevet des agences Pôle emploi

Alors que les incivilités se multiplient, une convention a été signée pour resserrer les liens et rassurer agents et bénéficiaires de Mont-de-Marsan, Dax et Saint-Paul-lès Dax.

«Salope » et « connasse » arriveraient en tête. Est-ce à dire que les femmes placées par Pôle emploi à l'accueil des agences sont davantage victimes d'incivilités que leurs collègues masculins ? Sans doute, malheureusement. Le « vous ne servez à rien » ne ferait en revanche pas de différence entre les sexes. Dans les Landes comme ailleurs, les plaintes se multiplient. Et les annonces récentes du gouvernement - avec des départements « tests » pour systématiser les radiations des chômeurs qui ne seraient pas activement à la recherche d'un job - ne devraient pas apaiser les choses.

C'est dans ce contexte et à partir de cette réalité qu'une convention a été signée mardi pour officialiser et encadrer les liens déjà existants entre Pôle emploi et la police nationale. Neuf mois après les gendarmes pour les agences de Saint-Vincent-de-Tyrosse, Parentis-en-Born et Mimizan, ce partenariat concerne les agences de Mont-de-Marsan, Dax et Saint-Paul-lès-Dax. Et il prévoit avant tout des actions d'information et de prévention en direction du personnel.

 

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C’est le nombre de chômeurs de plus dans les Landes depuis la signature de la convention avec la gendarmerie, le 27 janvier 2015, signale Daniel Dartigolles, sur un total d’environ 34 000 demandeurs d’emplois dans le département (catégories A, B et C).


Suivant le document, un « diagnostic sécurité » sera dressé si besoin dans les agences par un policier référent. Un « travail de pédagogie » sera également effectué en direction du personnel afin de les inciter à composer le 17 dès qu'ils se sentent menacés. L'occasion aussi de leur rappeler qu'« en qualité de dépositaires d'une mission de service public, ils sont protégés par l'État et que toute agression à leur rencontre est constitutive d'un délit susceptible de conduire en prison ».

Deux à trois plaintes par mois

Le représentant de la préfecture landaise saluait l'initiative en déplorant toutefois « des insultes, provocations, des dégradations et des violences que l'on retrouve malheureusement à Pôle emploi comme dans tous les services publics ». La hausse du chômage tend chaque jour un peu plus les échanges. Rien que dans les Landes, « une à deux fiches de signalement remontent toutes les semaines à la direction régionale », rapportait en suivant le directeur landais de Pôle emploi. La plupart renvoient à des incivilités verbales. Mais deux à trois par mois se concrétisent tout de même par des dépôts de plainte.

La dernière en date est attachée à l'agence de Mimizan, la semaine dernière. « Le métier de conseiller d'accueil donne lieu à beaucoup de stress, nous savons que c'est éprouvant. Nous ne laissons d'ailleurs jamais d'agent toute une journée à l'accueil », indiquait le directeur territorial de Pôle emploi.

La proximité entre les institutions doit rassurer les employés, mais aussi les bénéficiaires.

Vincent Dewitte



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