Yvon Le Men . Le poète assigne Pôle Emploi en justice

Il est l'un des rares poètes français vivant de son art. Une situation compromise pour le Lannionnais Yvon Le Men, opposé, depuis 2013, à Pôle Emploi. L'assurance chômage lui réclame près de 30.000 €. Ce qu'il conteste aujourd'hui devant le tribunal de Saint-Brieuc.

C'est l'histoire d'un poète qui voudrait bien écrire le point final d'un mauvais compte de maux. Yvon Le Men fera face, ce matin, à Pôle Emploi, devant le tribunal de grande instance de Saint-Brieuc, pour l'ultime étape d'une procédure engagée en 2013. Le contentieux avait commencé par le truchement d'un formulaire de radiation. Une missive qui accusait l'auteur lannionnais d'avoir triché sur ses déclarations. Il ne serait donc pas un « intermittent du spectacle vivant » et son statut de poète interprète est mis en cause.

 29.796 € à rembourser

Le voilà sommé, surtout, de rembourser la bagatelle de 29.796 €. Le poète, sonné, écrit. Conteste. Engage les recours qui sont à sa portée avant de s'adresser, faute de réponses, à Me Simon Aubin. L'avocat rennais « prend l'initiative d'une procédure ». « Lorsqu'il est venu me voir, nous avons d'abord saisi le médiateur de Pôle Emploi, qui n'a jamais répondu ». Le dialogue s'engagera ensuite sous la tutelle du code civil. Mais les premiers échanges de conclusions ne donnent rien. « Nous avons donc demandé au juge de fixer une audience », indique Me Aubin. Objectif : que la justice tranche, enfin.

Jugement dans deux mois

Aujourd'hui, les avocats pourront « plaider » l'affaire. En l'occurrence remettre au magistrat le volumineux dossier entérinant la querelle. Car la procédure civile est essentiellement écrite. « Le juge prononcera ensuite une mise en délibéré. En général, le jugement est connu sous deux mois ». Deux mois pour régler plus que le sort d'un seul homme. « Yvon Le Men a une position unique. Il est probablement le seul poète en France qui vit du spectacle qu'il procure, à travers les lectures qu'il dispense ». Un poète qui déclame. Et Pôle Emploi qui réclame. « Sa situation fait sans doute que l'assurance chômage a du mal à concevoir cette performance artistique », souligne Me Aubin. Son client ne « rentre pas dans les cases ». Il y a aussi quelques « erreurs de déclarations », comme des conférences ne relevant pas du spectacle vivant. « Une part infime de son travail », constate l'avocat. Le tribunal, de son côté, n'aura pas à broder de littérature. Le dossier relève de la « logique implacable ». Le poète devra faire avec la sécheresse de l'article L121-3 du code du travail. Et sa métrique est implacable. « On est dans les clous ou pas », conclut Me Aubin.


Dimitri Rouchon-Borie


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