Pôle emploi : comment fonctionne le contrôle généralisé des chômeurs déployé fin septembre ?

ÉCLAIRAGE - Dès fin septembre 2015, 200 agents supplémentaires vont entrer en fonction afin de contrôler 180.000 chômeurs par an.

Depuis 2013, Pôle emploi expérimente de nouveaux contrôles en Haute-Normandie, Poitou-Charentes, PACA et Franche-Comté. Fin septembre, cette expérimentation va s'étendre à tout l'Hexagone alors qu'un bilan régional à étape présenté en interne en octobre 2014, avait dévoilé que 20% des 2.600 chômeurs ­contrôlés à Toulon et Manosque ne cherchaient pas activement d’emploi, selon Les Échos.

Avec l'afflux de demandeurs d'emplois, Pôle emploi a donc décidé de mobiliser 200 agents supplémentaires afin de contrôler près de 180.000 demandeurs par an. Un chiffre à mettre en perspective avec les quelque 22.000 conseillers chargés de l'accompagnement des demandeurs d'emploi sur toute la France.

La radiation, le recours ultime

Si certains craignaient une hausse importante des radiations, l'intérêt est autre pour l'organisme. La radiation n'apparaît que comme le recours ultime après un "processus de redynamisation". Si les contrôleurs soupçonnent une recherche d'emploi insuffisante de la part du demandeur d'emploi, ils lanceront alors une procédure faite d'un questionnaire puis d'un entretien par téléphone et en enfin, une rencontre "si le doute persiste" mais sans "objectif de radiation", selon Jean Bassères, patron de Pôle emploi dans Les Échos alors que 1.000 radiations sont recensés chaque mois par défaut de recherche de travail.

Une nouveauté qui n'a rien à voir du "flicage", selon François Rebsamen désormais ex-ministre du Travail après sa démission le 19 août dernier. "Ça n'a pas pour vocation de modifier les chiffres du chômage, ce n'est pas un flicage de la société. Dans la loi, il est marqué que les demandeurs d'emploi doivent chercher un emploi, Pôle emploi doit contrôler, c'est normal d'appliquer", avait-il justifié en mai dernier.

La fin des SMS ne serait pas d'actualité

Si cette annonce de contrôles généralisés avait fait grand bruit, François Rebsamen a achevé son mandat de ministre avec une autre polémique : celle des SMS supprimés. Le désormais maire de Dijon a annoncé vouloir mettre un terme aux SMS de relance envoyés chaque mois aux chômeurs inscrits à Pôle emploi, comme le relayait Le Point. Un service rappelant aux inscrits d'actualiser leur profil chaque mois.

Au total, pas moins de 650.000 messages sont envoyés chaque mois. Une procédure "qui coûte cher", selon François Rebsamen alors que ces messages ont un impact réel sur les chiffres du chômage. "Une baisse de quelque 30.000 inscrits en catégorie A en France métropolitaine le mois où la relance n'est pas effectuée et une hausse de 7.000 à 10.000 chômeurs le mois où trois relances, à la place d'une seule, sont effectués", avait comptabilisé Le Figaro.

Une procédure qui irait totalement à l'encontre de la volonté de "redynamisation" souhaitée par le gouvernement. Le 27 juillet 2015, Jean Bassères avait assuré le maintien de cette procédure. "Pour simplifier et rendre plus simple cette démarche, nous souhaitons désormais garder la règle d’une seule relance par SMS, quel que soit le mois", avait-il déclaré dans L'Opinion.

CLAIRE GAVEAU

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>> Pôle emploi : le contrôle généralisé des chômeurs est "tout à fait justifié", selon Raymond Soubie | RTL.fr - YVES CALVI , CLAIRE GAVEAU | 25/08/2015




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