Pôle emploi redéfinit le “premier entretien” à l’aune du conseil en évolution professionnelle

Satisfaction du directeur général de Pôle emploi lors de la présentation de son bilan 2014, le 17 juin au siège de l’opérateur. Pour Jean Bassères, bien que le taux de satisfaction des demandeurs d’emploi concernant le suivi dont ils bénéficient ait légèrement dépassé l’objectif de 66 % fixé pour 2015, et qu’il reste bon nombre d’autres usagers à satisfaire, la tendance est à la hausse. Ce taux a augmenté de 3,3 %, ce qui récompense, selon lui, les efforts en la matière.

L’“accompagnement intensif jeunes”

2014 a vu la mise en place des 4 modalités d’accompagnement : suivi, guidé, renforcé et intensif pour les jeunes et personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles.

Ce dernier mode a concerné 323 500 personnes à fin décembre 2014, traduisant, pour le directeur général, la capacité des conseillers à s’occuper des personnes qui en ont le plus besoin, et cela grâce à l’octroi de 2 000 équivalents temps plein à cette mission.

En 2015, Jean Bassères a annoncé que l’accompagnement renforcé, jusqu’ici confié aux opérateurs privés de placement, serait réintégré à Pôle emploi. Une expérimentation va être conduite (en Corse, Guyane, Franche-Comté et Picardie) pour raccourcir le délai de démarrage de l’accompagnement, qui survient jusqu’ici en moyenne dans les quatre mois suivant le premier rendez-vous, à deux mois. 750 conseillers vont être dédiés à l’“accompagnement intensif jeunes” pour une montée en puissance du dispositif.

Les formations prescrites en hausse

En ce qui concerne l’accompagnement des transitions professionnelles, Jean Bassères a pointé l’augmentation des formations prescrites par Pôle emploi, elles sont passées de 392 700 en 2012 à 463 800 en 2014, dont 239 000 formations financées par l’opérateur, une évolution de + 33% par rapport à 2013.

Autres sujets de satisfaction, le taux de retour à l’emploi durable (CDI, CDD de plus de six mois) des chômeurs 6 mois après formation est lui aussi en hausse et le fait que le plan 100 000 formations (en réalité 110 000 réalisées) a bénéficié principalement à des demandeurs d’emploi non titulaires du bac.

Le premier entretien centré autour d’un diagnostic

2015 va voir le conseil aux demandeurs d’emploi renforcé afin que “les gens puissent redéfinir un projet professionnel, qu’on puisse les aider à se former et à s’orienter. C’est quelque chose à laquelle nous tenions beaucoup, que nous avons commencé à mettre en place en 2014 et que nous allons forcément beaucoup renforcer en 2015 avec le conseil en évolution professionnelle, dont nous sommes l’un des cinq opérateurs”, a indiqué le directeur général.

“Cela va se traduire par une amélioration forte du diagnostic puisque le 1er entretien à Pôle emploi ne sera plus, comme aujourd’hui, un entretien où l’on parle à la fois d’inscription, d’indemnisation et de diagnostic. Il sera centré sur le diagnostic ce qui représente une rupture assez forte.”

Des actions de formation supplémentaires pour les conseillers

Cela se traduira aussi par une montée en compétences des conseillers pour qu’ils soient “mieux formés à ce qui est le cœur de métier de Pôle emploi : l’accompagnement des transitions professionnelles”, a déclaré Jean Bassères.

Il a indiqué que tous les conseillers ont été formés l’année dernière pendant trois jours à “l’orientation tout au long de la vie”. En 2015 Pôle emploi met des actions de formation supplémentaires, notamment pour les conseillers en charge de l’accompagnement renforcé “avec un objectif très important : améliorer et intensifier les relations entre les conseillers et les équipes de psychologues spécialisés au sein de Pôle emploi. On met un investissement très fort sur la formation pour faire en sorte d’avoir une meilleure compétence professionnelle”, a-t-il déclaré.

Ce premier entretien interviendra une fis que la question de l’indemnisation sera réglée. Il durera de 30 à 50 minute aura pour objectif d’établir un diagnostic de la problématique du demandeur d’emploi. Si celui-ci nécessite un accompagnement renforcé, il devrait avoir son deuxième rendez-vous dans les deux mois.

Le compte personnel de formation

Concernant le compte personnel de formation, le directeur général ne peut communiquer d’informations sur le nombre de CPF actuellement sollicités ou mis en œuvre. Toutefois, au-delà des 100 heures devant être créditées sur le CPF des demandeurs d’emploi n’ayant pas de solde Dif (financées par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours), il estime que “si on donne plus de moyens financiers, on pourra financer plus de formations. Nos 464 00 formations prescrites par Pôle emploi montrent que nous ne sommes pas au maximum de nos capacités, mais, cela dit, quelle est la capacité de l’offre de formation à réagir ? Il faut distinguer le besoin de formation qui est au-delà des 464 000 et la capacité que l’on a à les prendre en charge au niveau opérationnel. Je n’ai pas toutes les réponses”, a-t-il conclu sur le sujet.


Actualité de la formation Béatrice Delamer


 


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