Pôle Emploi claque la porte de la Maison

Pôle Emploi partira pour s’installer toujours aux Fourriers, mais cent mètres plus loin. La Maison en perdra de sa substance. Les élus de l’Agglo enragent.

Rien ne va plus entre la Maison de l’emploi et Pôle Emploi. Ce dernier veut quitter les lieux pour aller s’installer dès l’an prochain, cent mètres plus loin toujours dans le quartier des Fourriers (1). Pourtant le principe de la structure est de réunir sous un même toit, l’ensemble des services concernant l’emploi, l’insertion et la formation. Allez comprendre !

À la Communauté d’agglomération du Pays rochefortais (CAPR), propriétaire des locaux qui a réalisé les travaux pour une ouverture qui remonte à cinq ans, on ne décolère pas. « Ce départ annoncé est déplorable, irresponsable et léger », dénonce le président Bernard Grasset. « Pôle Emploi, c’est la locomotive de la Maison de l’emploi qui, du coup, va perdre de son sens ! L’idée de rassembler tous les acteurs de l’emploi est cassée… »

Le vice-président de la Maison de l’emploi, André Meynard, n’est pas plus tendre. « C’est inadmissible ! Si le départ se fait, il aura un impact négatif auprès de la population qui ne comprendrait pas que les salariés de Pôle Emploi fassent passer leur confort avant leur mission de service public ! » C’est dit.

Pourtant, Pôle Emploi n’a pas pris sa décision à la légère puisque cette affaire dure depuis plus de trois ans. « Je ne suis pas satisfait de quitter la Maison de l’emploi, l’idéal aurait été que l’on y reste », déclare d’emblée, le directeur régional de Pôle Emploi, Dominique Morin, qui savait que le cas de Rochefort ne serait pas simple.

Si Pôle Emploi est revenu sur ses locaux, ce n’est pas par caprice, mais pour les besoins de cette nouvelle entité, qui depuis 2009, réunit l’ANPE et les Assedic. Or pour l’heure à Rochefort, les deux services ont beau travailler ensemble, ils ne logent pas sous le même toit. En effet, l’ex-Assedic est à 200 mètres de la Maison de l’emploi, vers l’ancien haras.

Pas d’accord sur les prix
« Le nouveau principe de Pôle Emploi depuis 2009, c’est d’héberger tous nos personnels dans un même lieu, ce qui rend aussi notre service plus lisible pour les allocataires. Voilà pourquoi depuis trois ans, nous travaillions à ne pas quitter la maison de l’emploi et plutôt à y faire venir l’ex-Assedic. Mais nous ne nous sommes pas entendus sur le coût des travaux d’aménagement. La CAPR nous proposait des prix trop élevés », poursuit Dominique Morin.

Pourtant, dans la lettre qu’il a écrite au Ministre du travail, Michel Sapin, Bernard Grasset expliquait que la CAPR avait proposé un loyer s’élevant à 22,71 € du m2 par mois, alors que Pôle Emploi exige de baisser les prix à 18,33 €. « Nous comprenons d’autant moins que l’investissement que nous étions prêts à faire, est moins cher que la moins chère des opérations d’aménagements de Pôle Emploi… »

Mais Pôle Emploi, las de trois ans de négociations, semble déterminé à quitter les lieux. « La direction nationale fait la même analyse que moi. Si nous restions dans la Maison de l’emploi, nous paierions plus cher pour des locaux moins adaptés, que si nous partions. Alors on part ! » Et ce n’est pas l’appui de la préfète pour « favoriser le maintien de l’unité de la Maison de l’emploi », comme elle l’a écrit à Bernard Grasset, qui changera quoi que ce soit.

Dans le même quartier
Dominique Morin se veut rassurant : « Ce n’est pas la catastrophe quand même ! Nous restons aux Fourriers, à 100 mètres de la Maison de l’emploi. Et nous ne nous désengageons en rien. Nous resterons au conseil d’administration de la Maison de l’Emploi et nous poursuivrons notre travail de partenariat avec tous les acteurs. »

Certes. Mais Bernard Grasset juge que dans un territoire fragilisé, comme l’est le Pays rochefortais où le taux de chômage à 12 % est supérieur à celui du département ou de la région, ce n’est pas la meilleure idée du monde.

(1) Il s’agit d’un bâtiment datant des années 60, situé à côté de l’ancien théâtre des Fourriers. Pôle Emploi y disposera de 1 000 mètres carrés de plain-pied, contre 600 mètres carrés aujourd’hui.

Depuis hier et jusqu’au 31 mai, la Maison de l’emploi accueille une exposition sur les fonds européens, proposée par le Plie (Plan local pour l’insertion et l’emploi).

 Bernard Grasset | Rochefort | emploi


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