“La seule offre que j’ai reçue de Pôle emploi, c’était l’armée”

Ne parlez pas de Pôle emploi à Maxime: le sujet a le don d’irriter celui qui déplore n’avoir eu que deux rendez-vous dans son agence en plus d’un an. “Leur suivi est aussi vide que le désert”, commente-t-il, acerbe en revenant sur ses déconvenues.

Passionné de train, sitôt son BTS informatique en poche en 2013, il essaie d’entrer à la SNCF mais il échoue. Il s’inscrit donc à l’agence Pôle emploi de Cergy (95). Jeune diplômé, Maxime ne touche pas d’allocation chômage et vit seul avec sa mère qui l’a inscrit sur sa mutuelle. S’il peut survivre sans boulots alimentaires, “avec un seul salaire, ce n’est pas tous les jours facile,” reconnaît-il. Sans l’oppresser, cette situation le presse de décrocher un emploi rapidement, plus précisément, un CDI en lien avec son diplôme. Le jeune homme compte sur l’opérateur public pour l’aider. Il va vite déchanter.

“Je ne peux rien faire pour vous”

Après un premier entretien focalisé sur l’administratif, il est convoqué trois semaines plus tard par sa conseillère attitrée. La déception est vive. “Elle m’a redemandé une grosse partie des informations que j’avais déjà données”, déplore-t-il. Mais surtout, alors qu’il évoque ses besoins, c’est-à-dire des pistes pour un job dans l’informatique, elle le coupe net « en plein milieu d’une phrase » et lui lance “vu votre âge, je ne peux rien faire pour vous, je vous envoie à la Mission locale”. « Cela n’est pas correct », déplore-t-il.

Une semaine plus tard, le voilà à la mission locale, son dossier de candidatures sous le bras. Las. La conseillère ne prendra la peine de regarder ni le CV et la lettre de motivation qu’il avait apportés. “Elle m’a souri et m’a dit qu’elle ne pouvait rien pour moi”, décrit-il, dépité. Ce sera son seul rendez-vous à la mission locale. “Heureusement, j’ai des relations”, affirme-t-il. Des amis l’aideront à peaufiner ses candidatures.

“Quand on a plan de recherche ficelé, Pôle emploi nous laissent nous débrouiller seuls, s’exaspère aujourd’hui Maxime. Ils m’ont tout de suite mis dans une case. Vous avez moins de 25 ans, c’est la mission locale qui s’occupera de vous. Mais après, il n’y a aucun suivi. Je n’ai reçu qu’une seule offre de Pôle emploi: c’était l’armée!”

Deux rendez-vous en un peu plus d’an

En un peu plus d’un an, le jeune homme n’a eu que deux rendez-vous dans son agence. Et un coup de fil. “Une fois, je me suis actualisé en retard: j’ai reçu un appel dès le lendemain. Mais la conseillère m’a dit qu’ils ne se préoccupaient pas de ceux qui n’étaient pas indemnisés.” Pour autant, il estime que son suivi “calamiteux” ne doit pas être généralisé. Si à “Cergy, l’agence est pleine à craquer”, des amis à lui, inscrits à Sarcelles (93), auraient eu trois-quatre rendez-vous en six mois.

Tenace, pendant douze mois, Maxime a envoyé jusqu’à vingt candidatures par jour et utiliser les réseaux sociaux tels LinkedIn pour explorer le fameux marché caché. Il a eu une vingtaine d’entretiens et a même refusé deux offres “qui ne correspondaient pas à ses compétences techniques” et parce qu’il avait d’autres entretiens. Une stratégie payante. En janvier dernier, il a décroché un job dans l’informatique via une offre d’emploi transmise par ses anciens professeurs. “Sans période d’essai”, précise-t-il.


Nathalie Samson



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