Les arrêts maladie record des ex-agents de l'ANPE

Pôle emploi compte encore 10 % de fonctionnaires. Ils gagnent moins que leurs collègues en CDI, mais sont deux fois plus souvent malades.

Privé, public, même combat ? Pas à Pôle emploi, où le projet de bilan social 2014, en cours d'examen, fait ressortir de nettes différences entre les 5.000 agents encore sous statut public et les 50.500 autres salariés (à 90 % en CDI). Les premiers, des ex-agents de l'ANPE ayant refusé de passer sous statut privé lors de la fusion avec les Assedic en 2008, ont de quoi faire la grimace : ils gagnent en moyenne 23.600 euros par an, un tiers de moins que les seconds, qui émargent à 36.000 euros. Mais on les voit moins souvent : ils cumulent en moyenne 31 jours d'arrêt maladie par an, contre 17 pour les salariés de droit privé !

Moins payés donc plus absents ? Les écarts interpellent, mais sont à nuancer. Sur les salaires, une partie découle des postes occupés, les agents publics se concentrant en bas de l'échelle. Et en refusant de passer sous droit privé, rappelle-t-on à Pôle emploi, ils ont renoncé, en conscience, au bond salarial qui allait avec. Sans oublier que, en tant que fonctionnaires, leur salaire n'est pas fixé par Pôle emploi mais par l'Etat... qui a gelé le point d'indice depuis cinq ans. Pôle emploi peut peser via les primes. Mais ces dernières, bien plus développées pour les salariés privés, accentuent au contraire l'écart.

Maladies de longue durée

Le fort absentéisme des agents publics pose plus question. En jours ouvrables, les 31 jours d'arrêt constatés représentent près d'un mois et demi de travail, un total qui confine au record : souvent pointés du doigt, les fonctionnaires territoriaux ne prennent « que » 25 jours d'arrêt par an (dans le privé, on oscille autour de 15 jours). En cause : l'importance chez les ex-ANPE des maladies de longue durée (plus de 240 jours). Elles concentrent à elles seules la moitié des jours d'arrêt et sont cinq fois plus fréquentes que chez les autres salariés !

Leur âge moyen, plus élevé de deux ans, et des différences de mode de calcul qui faussent un peu les statistiques sont loin de suffire à expliquer un tel écart. Pour Jean-Charles Steyger, délégué syndical central SNU-FSU, ce serait le fruit « d'une mise à l'écart des agents publics dans les collectifs de travail : la pression psychologique est telle que certains se mettent en arrêt ».

Mais Jean-Manuel Gomes, secrétaire CFDT du comité central d'entreprise, réfute cette lecture : « Les agents publics ne sont pas plus soumis au stress, ils font le même travail, dans les mêmes conditions et aux mêmes horaires que les autres. » Seule certitude : si on s'en tient aux arrêts courts, les taux d'absentéisme entre agents publics et privés redeviennent proches.



DEREK PERROTTE


90 % de CDI et 75 % de femmes

C'est une tendance historique : aujourd'hui encore, les trois quarts des 55.500 salariés de Pôle emploi (effectif moyen en 2014, en hausse de 4 % en un an) sont des femmes .
Dans 90 % des cas, ces salariés sont en CDI ; 6 % sont en CDD et 4 % en contrat aidé , des parts stables depuis trois ans.
L'âge moyen : atteint quarante-quatre ans et l'ancienneté moyenne est de treize ans.
Le turnover : est de fait faible avec à peine 250 démissions et 150 licenciements recensés l'an passé.


@PolAtua

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>> Les absences record des fonctionnaires de Pôle emploi | metronews - Laurence Valdés | 04-05-2015

 

 


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