Pôle Emploi permet à un chômeur de s'endetter sur 26.000 ans

Un jeune homme girondin s'est vu accorder sa demande de rééchelonnement de dette par Pôle Emploi... qui la prélèvera par tranches de 1 centime jusqu'à l'an 28141.

Le courrier est tombé mi-mars sur son compte internet Pôle Emploi. Après avoir perdu son travail en 2011, un jeune homme originaire de Gironde conteste un trop-perçu de quelque 3.000 euros qui lui a été signifié par l'organisme public. Alors que Pôle Emploi commence à prélever 200 euros sur son compte chaque mois, il demande à stopper les prélèvements et à rééchelonner la dette avant de pouvoir la contester devant un tribunal.

Un message parvient alors sur son compte personnel pour lui signifier que sa demande a été accordée. Et celui-ci, écrit le quotidien Sud-Ouest qui racontait l'histoire samedi, "ne recule pas devant l'absurde" :

"Vous nous avez demandé un échelonnement pour rembourser la somme de 3.135,20 € que nous vous avons versée à tort. Après examen de votre dossier, nous avons accepté cet échelonnement. Il s'opérera par retenues sur vos allocations de 0,01 € par mois jusqu'à extinction de votre dette."

La dette pèse tout à coup moins lourd sur les finances du jeune Girondin : celui-ci a désormais 26.126 ans et huit mois devant lui pour s'acquitter du remboursement. De quoi voir venir.

"Un bug, comme cela arrive ailleurs"

Sollicitée par le quotidien régional, la déléguée syndicale CFDT à Pôle emploi Martine Lajuncome a confirmé que ce genre de messages étaient écrits et transmis par des ordinateurs.

"Cela n'a rien à voir avec une quelconque déshumanisation de Pôle emploi", tient-elle à préciser."

"Il y a eu un bug comme cela arrive ailleurs", explique-t-elle. "En fait, même si les charges de travail sont très lourdes chez nous, cette personne aurait dû être reçue par un conseiller, comme pour tout échéancier de plus de 1 000 euros. Les ordinateurs sont paramétrés par rapport à des dates. Voilà pourquoi ce courrier est parti. C'est un bug, rien de plus."

Un bug qui n'est pas le premier du genre : en 2013, raconte "Le Parisien", une demandeuse d'emploi de Seine-Saint-Denis s'était vu accorder une échéance de 22.066 ans pour rembourser son trop-perçu.

Timothée Vilars


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>> Il doit rembourser Pole Emploi pendant 26 000 ans | Sud-Ouest - David Patsouris | 28/03/2015



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