Internet, première agence pour l’emploi

Vous cherchez un travail ? Vous cherchez un salarié ? Vous avez dans les deux cas toutes les chances de passer par Internet : après l’immobilier et l’automobile, le marché de l’emploi est désormais sur la Toile.

Tout commence par des chiffres : parmi les personnes cherchant un emploi, huit sur dix ont eu recours à Internet. Et parmi les entreprises souhaitant recruter, neuf sur dix ont fait de même… Le marché de l’emploi est passé sur la Toile. Après avoir longtemps résisté, il est en train d’y rejoindre les trois autres grands marchés de petites annonces que sont l’immobilier, l’automobile et les biens de consommation courante.

Multicanal

On y trouve bien sûr Pôle Emploi, qui a créé son site dès 1997, et l’Apec pour l’emploi des cadres. Mais nombre de sites privés sont entrés sur le marché : Leboncoin, Meteojob… Ils font le plus souvent payer les entreprises pour déposer leur offre ou entrer en contact avec les réponses, les chercheurs d’emploi ne payant rien.

Viennent ensuite les agrégateurs, qui rassemblent des offres éparses : Indeed, Jobijoba… N’oublions pas enfin les réseaux sociaux : réseaux personnels, comme Facebook (28 millions d’utilisateurs), et réseaux professionnels comme LinkedIn et Viadeo, qui ont chacun plus de huit millions de membres.

En fait, souligne un récent rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), demandeurs et recruteurs cumulent de plus en plus de moyens pour arriver à leurs fins : Internet, journaux, candidatures spontanées, annuaires, salons… En dix ans, le nombre moyen de canaux activés pour recruter a augmenté de 3,5 à 4,9 pour les grandes entreprises. C’est ainsi qu’une entreprise comme Carrefour, qui reçoit 30 000 demandes spontanées sur son site, continue de solliciter Pôle Emploi.

100 % Web chez Pôle Emploi

L’agence publique se veut justement en pointe. L’objectif retenu dans son « projet stratégique » pour 2020 est de « devenir la plateforme de référence de l’emploi en ligne ». Cela suppose de nouer des partenariats avec des sites privés, par exemple ITProfil, spécialisé sur le marché de l’informatique. Sur les 240 000 offres d’emploi disponibles à la fin de l’année dernière sur pole-emploi.fr, la moitié était issue de partenaires, souligne le COE. « Nous n’avons pas de logique de parts de marché », insiste son directeur général Jean Bassères.

L’agence utilise aussi Internet dans l’accompagnement des chômeurs, avec un traitement 100 % Web pour ceux qui l’acceptent. « Cela permet, selon Jean Bassères, de consacrer davantage de temps à ceux qui en ont le plus besoin ».

Attention : fracture

Au total, explique le COE, Internet permet « plus d’information, plus de transparence, plus de concurrence sur le marché du travail ». L’espoir est que cela diminuer le nombre d’emplois ne trouvant pas preneurs, donc le nombre de chômeurs.

Avec une limite : l’accès à Internet. Aujourd’hui 82 % des Français ont une connexion à domicile, mais la proportion varie de 94 % chez les diplômés du supérieur à 49 % chez les sans diplôme. Contre cette « fracture numérique », Pôle Emploi a en 2013 formé 250 000 chômeurs à l’usage d’Internet. Et les Maisons de Service Public devraient toutes offrir cette connexion – désormais indispensable.

Par Francis BROCHET



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