Pôle emploi: «Je voulais m'inscrire en "art du spectacle", on m'a classée en "art de la table"»

L'offre d'emploi d'acteur pornographique, publiée par Pôle emploi fin février, a amusé la toile. «Tout à fait légale» d'après l'organisme, l'annonce aurait d'ailleurs pu convenir, à des candidats comédiens dans le secteur. Mais proposée à des acteurs «classiques», des éclairagistes ou des monteurs sons, elle dénote un peu. C'est pourtant ce qui arrive quotidiennement aux demandeurs d'emploi.

Interrogés par 20 Minutes, des internautes nous racontent le décalage, comique dans un premier temps, parfois révoltant au final, entre leur formation et les offres proposées par leur conseiller.

>> TÉMOIGNEZ - Vous vous reconaissez dans ces exemples? Témoignez aussi en nous écrivant à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .

Pénélope: «Je cherche un job dans la gestion de projet culturel, on veut que je tente directeur de com dans l’énergie»
Pénélope est diplômée en histoire de l’art et détentrice d’un master en gestion de projets culturels. Dans les limbes des moteurs de recherche de Pôle emploi, rien ne lui correspond. «"Arts et façonnages d'ouvrages d'art", c'est pour être couturier (…) "Communication " c'est trop vaste. "Spectacle", regroupe un gros foutoir de maquilleurs à dresseurs de chevaux. Je me souviens d'une longue discussion avec une conseillère qui ne comprenait pas que je n’étais ni intermittente ni webmaster. Alors, j'ai tout réexpliqué, encore une fois. Tout ça pour recevoir une offre de directeur de la com' dans l’énergie. Ils sont bloqués en 1996.»

Emmanuelle: «Je suis handicapée, ils m'ont proposé un emploi de factrice»
«Je suis atteinte d'une maladie qui se traduit par des douleurs articulaires qui parfois sont tellement importantes que je ne peux pas marcher. Je ne peux pas conduire, ni rester assise trop longtemps. Il est noté dans mon dossier que je suis reconnue travailleuse handicapée et que j'ai fait la demande pour être prise en charge par Cap emploi (réseau spécialisé dans le placement des personnes handicapées). Mais malgré tout, on me propose des offres aberrantes, comme factrice. Quand je leur dis que je ne peux pas postuler, ils réagissent comme s'ils n'avaient rien d'autre pour moi.»

Cécile, internaute, est chanteuse de profession, voilà ce que Pôle emploi lui envoie:


Elsa: «Je voulais m'inscrire en "art du spectacle", on m'a classée en "art de la table"»

Autodidacte, passionnée de peinture et de théâtre, Elsa veut se lancer en «art du spectacle». On lui ferme la porte. Pas de statut d'intermittente? Impossible. Ce sera «art de la table». Le rapport? Aucun. «Il fallait me ranger dans une case, me mettre un numéro». Elsa n'a pas accès aux offres qui la font rêver. Elle enchaîne les petits boulots de vendeuse. Les agents Pôle emploi ne comprennent pas. La cohérence est «administrative». Elsa mettra trois ans à décrocher (par ses propres moyens) un stage dans un opéra. Et 10 de plus à raconter son errance dans un livre, Je de société.

Philippe: «Je voulais faire une formation de fraisage, on m’a forcé à faire de l'électricité»
«J’ai un bac pro technicien d’usinage. Je voulais faire une formation de fraiseur. Pôle emploi m’a placé dans une formation censée regrouper électricité, chaudronnerie et normalement fraisage. Mais lors de la première semaine, je découvre que nous allons faire pendant deux mois uniquement de l’électricité. J’ai dû faire une lettre de démission et un courrier à ma conseillère. Résultat, j’ai eu un appel de la responsable de la formation qui m'a fait la morale en expliquant comment les politiques nous aident et qu’elle allait tout faire pour me radier de Pôle emploi.»


Christine Laemmel



Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir