Les nouveaux «trucs» de Pôle emploi pour être efficace

Le service public de l'emploi promet que, à moyens constants, une nouvelle organisation pourra améliorer la qualité de son intervention.

C'est officiel, il y a du nouveau dans la besace de Pôle emploi pour remettre les demandeurs d'emploi au travail: des budgets (stables), des forces (redéployées), des outils (modernes)… et une organisation (encore!) revisitée. C'est ce qu'a expliqué mercredi Jean Bassères, le patron de l'organisation dédiée à l'indemnisation et à l'accompagnement des chômeurs qui compte un nombre de clients à faire pâlir d'envie les plus grandes multinationales (5,879 millions d'inscrits, toutes catégories confondues, fin 2014), tout en se targuant d'avoir l'an dernier amélioré le taux de retour à l'emploi de 16%.

Les grandes lignes de la stratégie des trois années à venir sont connues depuis la signature, en décembre dernier, de la convention tripartite Etat-Unédic-Pôle emploi pour la période 2015-2018. Et le contexte, nul besoin de le rappeler, est difficile pour mener une mission de service public qui permette d'aller à l'encontre d'indicateurs économiques déplorables et de leurs effets néfastes sur l'emploi.

Il n'empêche, Bassères, qui se félicite d'avoir obtenu «un traitement atypique au sein de la sphère publique» en recevant de la part de l'État un soutien financier stable (qui représente 1/3 des ressources de l'établissement), veut transformer cette faveur en investissement plus efficace - à effectifs de 53.000 agents constants.

Premier point: il promet qu'en 2016, les demandeurs d'emploi seront reçus deux fois plus vite (c'est à dire deux mois après leur inscription) pour être guidés vers un parcours d'accompagnement, une fois les angoisses de l'indemnisation réglées - de préférence de façon dématérialisée «afin de dégager du temps pour s'occuper de ceux qui en ont le plus besoin». Et il va en falloir, car le plan 2020 qui vient d'être présenté promet aussi que deux fois plus de chômeurs en grande difficulté bénéficieront d'un accompagnement renforcé: leur nombre passera de 230.000 par an à 460.000 dès l'an prochain.

Deuxième point: Jean Bassères revient sur l'erreur commise à la suite de la fusion ANPE/Assedic en 2008 qui préconisait la polyvalence des agents. Aujourd'hui, retour à la spécialisation des métiers, en mobilisant dès à présent 3 à 4 000 agents à la relation avec les entreprises. «Nous avons déjà plus de demandes que de postes à pourvoir», confie le patron. Et pour cause: les agents ne sont jamais fâchés de prendre de la distance avec les drames personnels que peuvent leur exposer leurs «patients».

Troisième point: La formation. Former tout d'abord les conseillers à l'accompagnement de la transition professionnelle et à une nouvelle approche des problématiques des demandeurs d'emploi «par compétences, et non plus seulement par métiers», explique Bassères. Mais aussi accélérer la formation des demandeurs d'emploi pour éviter qu'il y ait simultanément 2 millions de postes de travail non pourvus en France et deux millions de personnes dont les compétences ne trouvent pas leur place dans la société. Pour cela le Compte personnel de formation (CPF) des demandeurs d'emploi sera abondé par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), selon une processus qui reste à définir.

Enfin pour accompagner la dématérialisation, Jean Bassères assure que bientôt, chaque conseiller devra transmettre son adresse mail aux chômeurs dont il a la charge, «afin de leur répondre dans un délai raisonnable», et qu'en juin -c'est la surprise- un «Pôle Emploi store» proposera des applications innovantes (Mooc, serious games…) aux férus de nouvelles technologies. «Nous mesurerons les résultats sur deux critères: le taux de retour à l'emploi et la satisfaction», promet le DG. Il y a de la marge: actuellement celle-ci est (en hausse) à un tout petit 57%!


 Domitille Arrivet 1



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