Pôle emploi préfère la prime à la revalorisation des salaires

SOCIAL - Un projet d’accord sera présenté mardi lors du comité central d’entreprise. La majorité des syndicats devrait s’y opposer…

La tension monte chez Pôle emploi. Mardi, la direction présentera en comité central d’entreprise un projet qui, s’il refuse de revaloriser, pour 2013, les salaires des 45.000 agents, propose en contrepartie de distribuer une prime exceptionnelle. Celle-ci n’excédera pas 450 euros brut pour les employés de base, dont le traitement n'a pas été augmenté depuis 2010. Une gratification réservée aux agents comptant plus de douze mois d'ancienneté, dont seraient exclus les cadres dirigeants.

 4.000 recrutements en un an

«L’argent qui aurait dû servir pour la revalorisation des salaires va permettre de financer les 2.000 recrutements annoncés en mars par Jean-Marc Ayrault», explique Bernie Billey, secrétaire du secteur Emploi à la CFDT. Et qui viennent s’ajouter aux 2.000 autres CDI annoncés en juin 2012 par le gouvernement. Si l'Etat s'engage à en financer les deux tiers, un tiers est pris en charge par Pôle Emploi. «La direction a dû faire un choix mais dans la conjoncture actuelle il est plus important de recruter», poursuit-elle.

Pour la CFDT, «cette prime n’est certes pas très élevée mais c’est avant tout une bonne reconnaissance pour les agents. Nous revendiquons depuis longtemps une augmentation des effectifs afin d'assurer un meilleur service», affirme le syndicat qui devrait entériner l’accord, tout comme la CFE-CGC.

«Nous voterons contre ce projet»

En revanche, FO, la CGT et le SNU y sont opposés. «Nous voterons contre ce projet. Cette prime ne satisfait en rien et ne remplace en aucun cas la perte de pouvoir d’achat», explique Philippe Sabater, secrétaire général adjoint du SNU. Ce syndicat demande également que les salaires de tous les agents, sous statut privé ou public, soient revalorisés.

Egalement opposés au principe d'une prime, FO et la CGT dénoncent un «chantage» entre une prime ou «rien» si l'accord n'est pas signé. «Nous ne troquerons pas une véritable négociation sur les salaires contre une prime, au demeurant misérable», écrit FO. Selon le syndicat, les agents ont perdu 6% de pouvoir d'achat depuis 2010 et la prime proposée représente au maximum 2% d'une rémunération annuelle.

Trois syndicats sur les cinq représentatifs, une condition sine qua non du ministère du Travail, doivent valider cette proposition d’ici au 17 mai pour obtenir le versement des primes via un décret ministériel. En l’absence de majorité, «il n’y aura pas de primes», avertit la direction de Pôle emploi.

Romain Lescurieux

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>> Pôle emploi: une prime proposée aux agents, pas augmentés depuis 2010 | Le Point.fr | 04/05/2013



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