Unédic : le trou de l'assurance chômage va se creuser en 2015

Davantage de chômeurs et davantage de déficit pour l'assurance chômage : l'Unédic, organisme gestionnaire du régime, voit rouge pour l'année 2015. Malgré une légère reprise de la croissance de 0,8 % prévue en 2015, alors que le gouvernement table sur 1%, la courbe du chômage ne devrait pas s'inverser.

Selon ses dernières projections, l'Unédic prévoit même une hausse du taux de chômage à 10,3 % en métropole fin 2015, contre 9,9 % actuellement. En conséquence, le nombre de chômeurs sans aucune activité (la «catégorie A» de Pôle emploi) devrait s’établir dans un an à 3,6 millions de personnes, contre un peu moins de 3,5 millions actuellement, soit 104 000 de plus. Et si l'on tient compte des chômeurs ayant une activité réduite (catégories B et C), le nombre total d'inscrits à Pôle emploi pourrait atteindre 5,4 millions de peronnes...

L'économie va créer insuffisament d'emplois au deuxième trimestre. François Hollande qui présentera, lundi, ses voeux au monde économique, va devoir revenir sur ce mauvais présage. « Est-ce que 1 % de croissance suffit pour réduire le chômage en France ? Non, parce qu’en France, la population active augmente », avait-il déclaré en déplacement à Bruxelles. Sur France Inter, le président de la République avait reconnu une «responsabilité». «Je suis président de la République, je ne vais pas dire : c'est la faute de l'étranger, de la crise», avait-il insisté, se disant à prendre «tous les risques» pour inverser la courbe du chômage et mettre en avant les réformes engagées : pacte de responsabilité, loi Macron...
Même si l'Unedic estime que l'économie va recréer de l'emploi à partir du deuxième trimestre, la masse salariale progresserait à un rythme ralenti (+0,7%), du fait de la faible inflation. Ainsi, les recettes de contributions augmenteraient de seulement +1,1%. Parallèlement, du fait de la hausse continue du chômage, les dépenses d'indemnisation vont grimper de 2,2%.

Un déficit de 4,6 milliards à fin 2015. Cette hausse du chômage devrait avoir pour conséquence de plomber davantage les comptes de l'Unédic. Si, en septembre, l'assurance-chômage prévoyait de réduire son déficit en dessous de 3,7 milliards d’euros en 2015, dans les nouvelles prévisions, le trou pourrait être en réalité de 4,6 milliards d'euros à la fin 2015. Et comme l'Unédic est déficitaire depuis 2009, sa dette pourrait atteindre près de 26 milliards d'euros.
Explication : même si l'Unédic estime que l'économie va recréer de l'emploi à partir du deuxième trimestre, la masse salariale va progresser à un rythme ralenti (+0,7%). De fait, les recettes de contributions ne vont augmenter que de 1,1% alors que les dépenses d'indemnisation vont grimper de 2,2%. Et la situation aurait pu être pire, selon l'organisme : «A fin 2015, la dette aurait été supérieure d'un milliard d'euros sans la nouvelle convention d'assurance chômage (NDLR: intermittents, plafonnement des indemnités de départ pour les cadres,...) entrée en vigueur au 1er juillet 2014» .

Pas de risque pour l'indemnisation des chômeurs. Même si l'Unédic se veut rassurante, estimant que sa mauvaise situation financière ne fait pas courir de risques pour l'indemnisation des chômeurs, les débats risquent d'être tendus entre les partenaires sociaux, alors que les syndicats et le patronat doivent débuter les négociations au cours de l'année sur la question des règles d'indemnisation. «On ne peut pas rester dans le statu quo» a lancé Jean-François Pillard (Medef), vice-président de l'Unedic.

DOCUMENT. Les prévisions de l'Unédic pour 2015






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