Pôle emploi part prospecter des postes en Asie

Loin de ses bases, l'organisme public va chercher des opportunités pour des candidats à l'expatriation de plus en plus nombreux.

Mais que faisait Pôle emploi au forum d'affaires France-Vietnam, organisé début avril par l'agence pour le développement international Ubifrance, dans un grand hôtel d'Hô Chi Minh- Ville?

Deux émissaires du service public y tenaient même un ministand au milieu des cabinets d'avocats, sociétés de logistique et autres conseils en financement. L'objectif était de rencontrer des PME françaises ayant des projets d'implantation ou des entreprises locales. Au Vietnam, des groupes spécialisés dans la construction, l'énergie, la santé ou le high-tech cherchent régulièrement des ingénieurs, des techniciens ou des commerciaux expérimentés. Des compétences qu'ils ne parviennent pas à trouver facilement sur place.

400 contrats décrochés en 2012

Cela tombe bien: Pôle emploi constate depuis un ou deux ans un afflux croissant de candidats pour des postes dans le Sud-Est asiatique, comme à Singapour, en Indonésie ou au Vietnam. «Alors que l'horizon est bouché en France, cette zone présente des perspectives de croissance favorables et elle paraît plus sûre que d'autres régions du monde», explique Roxane Bena, au département mobilité et placement international de Pôle emploi. L'an passé, l'organisme public a ainsi casé 400 candidats en Asie. Pas encore un raz de marée mais «ce chiffre augmente chaque année», affirme la responsable.

Parmi les candidats à l'expatriation en Asie, beaucoup de jeunes diplômés ou de jeunes cadres lassés par le manque de débouchés en France. Les plus motivés peuvent même mûrir leur projet en suivant les «ateliers pays» organisés gratuitement dans les bureaux de Pôle emploi international à Paris et dans les principales villes en région.

Utile pour faire tomber les clichés et remettre certains les pieds sur terre. Dans 95 % des cas, les employeurs de ces pays leur proposeront un contrat local avec des niveaux de rémunération inférieurs aux salaires pratiqués en France. «Avant de se lancer, mieux vaut se renseigner sur les marges de négociation que l'on peut avoir dans ces conditions. Mais, très souvent, les candidats doivent revoir leurs prétentions à la baisse», admet Marie-Odile Antonini, responsable Asie de Pôle emploi international. Un inconvénient vite balayé par la conviction qu'une expérience à l'étranger peut doper sa carrière. «Même si, dans les faits, de nombreux expatriés finissent par rester dans le pays d'accueil», nuance Marie-Odile Antonini.

Reste que, selon beaucoup de Français basés en Asie, le meilleur moyen de trouver un job consiste à prendre un billet d'avion et aller prospecter sur place. Plus efficace que les annonces de Pôle emploi? Si l'on ne connaît personne, mieux vaut avoir repéré au préalable des employeurs potentiels et des sources d'informations locales. À Hô Chi Minh-Ville par exemple, on peut s'adresser à la Chambre de commerce franco-vietnamienne qui reçoit régulièrement des offres.

Il existe aussi des sites Internet comme Vietnamworks.com. Les plus chanceux pourront décrocher un job en moins de trois mois. Comme cet expatrié français au chômage qui s'est rendu au forum franco-vietnamien pour remettre son CV à Pôle emploi. Son profil correspond justement à un poste à pourvoir par une entreprise de construction locale.

Bruno Askenazi





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