De nouvelles données pour le dialogue social à Pôle emploi, la CFDT devenue première organisation

Non sans difficultés (voir Organiser des élections, c’est difficile à Pôle emploi !) nous arrivons au terme du cycle électoral à Pôle emploi, avec l’intégration des résultats de la région Provence Alpes Côte d’Azur. Certes il reste pour le mois de septembre la Réunion, mais les résultats de cette île ne changeront ni  les conséquences en termes de représentativité, ni l’ordre des organisations.

 

Comme nous l’avions écrit dès le mois de Décembre (voir La représentativité syndicale à Pôle emploi évolue : la CFDT première organisation), les conséquences de ces élections ne sont pas insignifiantes.


La CFDT passe du quatrième rang au premier, passant de 14,55 % à 19,18 % soit une progression de 4,63 %, assez remarquable dans des élections professionnelles en général caractérisées par une forte stabilité. FO reste deuxième, pratiquement stable avec 18,27 % contre 18, 47 %, pendant que le SNU régresse somme toute assez peu, de 18,98 % à 17, 37 %, mais passe ainsi de la première à la troisième place, ce qui a une forte portée symbolique. Quant à la CGT, elle recule en rang, du troisième au quatrième, et assez signicativement en pourcentage de 15,38 % à 13,48 %. Malgré la plus forte régression, de 10,10% à 7,56%, la CGC affirme son rôle de centrale catégorielle.

Quatre syndicats ne sont pas, pour la deuxième fois, reconnus comme représentatifs : le SNAP, qui progresse de 5,49 % à 7,31 %, et devance la CFTC, qui progresse moins, de 6,68 à 7,23 %, SUD qui régresse de 4,59 % à 3,96 %, et l’UNSA pratiquement stationnaire (de 3,13 % à 3,17 %). Pour ces quatre organisations qui ne pourront participer à la négociation, la question de leur avenir est clairement posée.

Notons qu’en Corse et Martinique ce sont les syndicats locaux qui sont, et de loin, majoritaires, et qu’en Guadeloupe on confine même à l’hégémonie avec 88 % des suffrages

Quatre organisations  sont donc reconnues représentatives au plan national, la CFDT, FO, le SNU et la CGT. De plus la CFE CGC, qui n’avait pas présenté de candidats dans le premier collège, bénéficie d’une représentation catégorielle

Cela aura des conséquences sur le dialogue social, et il sera pas facile de signer des accords majoritaires. Mais le droit d’opposition majoritaire sera lui pratiquement impossible à mettre en oeuvre, FO, SNU et CGT n’atteignant, à eux trois, que 49 %. Nul doute que nous allons découvrir, progressivement, comment les conséquences des nouvelles règles de représentativité vont influer le dialogue social.

Car, au delà de la représentativité juridique, les dynamiques que traduisent les chiffres ne seront pas sans influence sur le climat social.


@ Michel Abhervé pour Alternatives Economiques

Michel Abhervé

Professeur associé à l'université de Paris Est Marne la Vallée, il y enseigne l'économie sociale et les politiques publiques dans une licence professionnelle « Management des organisations de l'économie sociale ». Il a mis en place la possibilité de suivre cette formation en apprentissage. Il intervient également dans le Master rénové «Management de l'insertion dans l'économie sociale et solidaire » et contribue à l'animation du site ressources pour l'économie sociale www.univ-mlv.fr/ecosoc.

Michel Abhervé a exercé des responsabilités politiques en étant pendant plus de 20 ans élu à Evry et au conseil régional d'Île-de-France. Il a en particulier suivi des dossiers concernant l'insertion, la formation professionnelle, assuré la présidence de l'Union nationale des missions locales, et vient de suivre pour les employeurs de l'économie sociale le Grenelle de l'insertion, à travers un blog

>> Le blog de Michel Abhervé (Alternatives Economiques)





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