Le taux de chômage en France tombe à 8,7 %, son plus bas niveau depuis 2009, selon l’Insee

Ces chiffres mesurés selon les normes du Bureau international du travail confirment la lente décrue du chômage en 2019.

L’amélioration sur le marché du travail se poursuit, mais à un rythme très lent. Au premier trimestre, le taux de chômage a diminué de 0,1 point sur l’ensemble du territoire (outre-mer compris, sauf Mayotte), d’après les données provisoires diffusées, jeudi 16 mai, par l’Insee. Ce ratio, qui se situe désormais à 8,7 % – soit son plus bas niveau depuis début 2009 –, avait déjà reculé de 0,3 point lors des trois derniers mois de 2018.

Pour la période allant de début janvier à fin mars, il y avait, en métropole, 2,4 millions de personnes au chômage (soit 19 000 de moins en trois mois). Un décompte effectué en vertu de la définition du Bureau international du travail (BIT). Ces résultats semblent en ligne avec les dernières données relatives à la création d’emplois : publiées le 10 mai par l’Insee, elles montraient une progression des effectifs dans le secteur privé de 0,3 %, au premier trimestre.

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Assurance chômage : une bombe à retardement ?

C’est peut-être l’une des plus grandes fractures qui traversent la société française depuis que le plein-emploi n’est plus qu’un souvenir. Fracture non pas révélée mais confirmée par de nombreux récits des hommes et des femmes aux gilets jaunes, ces derniers mois.

Cette fracture, c'est celle entre les personnes qui ont du travail et celles qui n'en ont pas. Mais aussi celles qui en cherchent sans répit et celles qui n’ont qu’un coup de fil à passer ou un parent à solliciter. Celles qui jouent avec les allocations chômage, et ceux qui les subissent.

Ou encore, celles qui ne parlent plus que de « fin du travail » et de leurs rêves de campagne, quand d’autres sont fiers de s’être construits par le travail et d’y avoir trouvé une raison de vivre.

C’est officiellement pour que le travail « paye » à nouveau, et que les demandeurs d’emploi en trouvent un, qu’a été promulguée le week-end dernier la réforme de l’assurance-chômage. Des droits plus difficiles à obtenir, des allocations dégressives avec le temps (pour les hauts revenus). Et pour compenser nous dit-on, des droits ouverts aux démissionnaires.

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Le chômage de masse en France (3/3): Comment passer de la spirale déflationniste à la croissance?

FIGAROVOX/TRIBUNE - Le chercheur de l’Institut Thomas More Sébastien Laye et le physicien Didier Long terminent leur série sur l’origine du chômage de masse en invitant les dirigeants à sortir des recettes économiques prônées par l’Europe depuis Maastricht.

Dans notre premier article, nous avons vu que le sous-emploi en France était la conséquence de la surévaluation constante en moyenne du franc, puis de l’euro pour ce qui concerne la France et sur longue période, depuis 45 ans (tandis qu’au contraire l’euro est actuellement sous-évalué pour l’Allemagne). Cette surévaluation constante entraîne sur longue période un sous-investissement par rapport à ce qui serait nécessaire compte tenu de l’augmentation de la population en âge de travailler, et donc un chômage de masse croissant. Elle s’expliquait par un fétichisme de l’inflation chez les Allemands qui avait piégé les Français dans la trappe de la désinflation compétitive puis de la croissance déflationniste et atone: l’ordre monétaire induit par les déséquilibres entre la France et l’Europe du Sud d’une part, et l’Allemagne de l’autre, avait sapé les fondements même de l’économie française. Il convient désormais de présenter, sans tabous aucuns, les voies de sortie de cette aporie économique et monétaire. À dire vrai, il faudra classifier les solutions entre celles impliquant une sortie ordonnée de l’euro, et celles maintenant l’euro.

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Inversion des courbes du chômage : Macron 2019, Hollande 2017, qui avait la meilleure dynamique ?

Atlantico : Les chiffres Pôle emploi du nombre de demandeurs d’emploi pour le deuxième trimestre 2019 viennent d'être publiés. Le bilan de ces chiffres est-il positif ? L’est-il vraiment quand on compare ces chiffres avec ceux qui ont marqué la fin du quinquennat Hollande, de mi-2015 à l’élection d’Emmanuel Macron ?

Michel Ruimy : Le bilan peut sembler positif en apparence ! En effet, le total des inscrits en catégorie A à Pôle emploi en France a reculé de 16  800 sur le dernier trimestre, de 72 000 en 1 an. Le nombre de demandeurs d’emploi est ainsi redescendu juste au-dessus des 3,63 millions. En considérant uniquement cette catégorie, il s’agit de la 12ème    baisse trimestrielle enregistrée depuis l’inversion de la courbe observée à la mi-2015 sous François Hollande. En 4 ans, le nombre d’inscrits en catégorie A a reculé de près de 180   000.

Mais la photographie est un peu moins belle si on intègre le nombre des demandeurs d’emploi en activité réduite c’est-à-dire les chômeurs recensés dans les catégories B et C (ceux qui déclarent travailler plus ou moins de 78 heures au cours du mois écoulé). Si le nombre d’inscrits en A, B et C se replie d’un peu moins de 27 000   d’avril à juin 2019, il ne s’agit que de la 3èmebaisse observée depuis la mi-2015 et surtout la moins importante des trois.Sur 1 an, le repli est limité à un peu plus de 56 000 personnes. Sur les 4 dernières années, le nombre d’inscrits n’a pas baissé mais progressé de près de 200 000 personnes dans les trois principales catégories de Pôle emploi pour frôler désormais les 5,9 millions pour la France entière.

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Le chômage de masse en France (2/3): «Nous devons rétablir notre compétitivité face à l’Allemagne»

FIGAROVOX/TRIBUNE - Dans le deuxième article de cette série consacrée à l’origine du chômage de masse, le physicien Didier Long et le chercheur de l’Institut Thomas More Sébastien Laye plaident pour l’abandon des mécanismes déflationnistes propres à l’Allemagne, véritables fléaux de la zone euro selon eux.

Dans le premier article de notre série, nous avons vu qu’une union monétaire entre pays ayant des cultures différentes à l’égard de l’inflation courante et sans mécanismes compensateurs comme il en existe aux États-Unis, conduisait à des déséquilibres: de fait, et en l’absence de convergence sur les normes sociales et fiscales, l’Europe compte certains pays avec une compétitivité élevée, d’autres une compétitivité trop faible. Les différences d’inflation cumulées entre les différents pays sont la cause de ces disparités de compétitivité. Or s’il a été établi un marché unique des biens et services, puis une monnaie commune, les dirigeants européens ont laissé une concurrence exacerbée et sauvage entre pays sur les normes fiscales et sociales et n’ont pas tenu compte des cultures inflationnistes différentes d’un pays à l’autre.

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Les statistiques honteuses du chômage français

« La croissance française est plus riche en emplois. » A mi-chemin entre recette de cuisine et slogan marketing raté, la formule peut faire sourire. Il n’empêche, elle traduit une réalité économique de plus en plus nette. Le PIB devrait progresser péniblement de 1,3% cette année mais le chômage recule : le nombre de personnes sans aucun travail a baissé de 72000 en un an, selon les chiffres publiés jeudi par Pôle emploi. Mieux, le nombre d’embauches en CDI continue sa hausse, expliquaient la veille les Urssaf.

Cela ne tombe pas du ciel. Le déni sur le coût du travail a enfin cessé il y a cinq ans. La priorité a peu à peu été donnée aux négociations sociales dans les entreprises plutôt qu’aux mesures rigides imposées nationalement. Les conditions de séparation des entreprises et des salariés ont été sécurisées. L’élection d’Emmanuel Macron a été vécue comme un déclic par les entrepreneurs qui y ont vu la fin de la défiance des pouvoirs publics à leur égard.

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