Réforme de l'assurance chômage : le vrai du faux sur ce qui change le 1er novembre

La complexe mise en place des nouvelles règles de l’assurance chômage ce vendredi 1er novembre sème la confusion tant chez les 2,6 millions de Français indemnisés que chez les conseillers Pôle emploi eux-mêmes. Droits au chômage, rechargement, reliquat… on fait le point.

La nouvelle réforme de l’assurance chômage, dont les premiers effets entrent en vigueur ce 1er novembre 2019, est un vrai sac de nœuds. A l'approche de la date fatidique ce vendredi, les inscrits à Pôle emploi s'inquiètent tandis que même les conseillers s'y mélangent parfois les pinceaux sur les nouvelles mesures… Notamment sur la question des "droits rechargeables" et des "reliquats de droits".

Explications.

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Réforme de l'assurance-chômage : place au serrage de vis

La première étape de la réforme de l'assurance-chômage entre en vigueur cette semaine. Avec au menu un durcissement de l'accès à l'indemnisation.

Décidée à la veille de l'été, la réforme de l'assurance-chômage entre en vigueur, pour sa première partie, ce vendredi 1er novembre. Si le texte comporte de nouveaux droits pour les salariés démissionnaires et pour certains travailleurs indépendants, plusieurs mesures vont durcir l'accès à l'indemnisation des salariés qui perdent leur emploi.

9% des chômeurs perdront tout droit à l'indemnisation

D'abord, la durée requise pour pouvoir être indemnisé par Pôle Emploi : il faudra avoir travaillé 6 mois dans les 24 mois qui précèdent l'entrée au chômage au lieu de, comme c'était en vigueur jusqu'ici, 4 mois dans les 28 derniers mois (ce qui, évidemment, était plus favorable). L'Unédic a calculé qu'avec ce resserrement, 9% des chômeurs perdront tout droit à indemnisation. Les autres mettront plus de temps avant de la toucher.

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Nouveautés de l'assurance chômage au 1er novembre : les mauvaises nouvelles oubliées par la ministre Pénicaud

La ministre du Travail est allée faire l'article, ce mardi 22 octobre sur France Inter, des premières mesures de la réforme de l'assurance chômage, qui entreront en vigueur dès le 1er novembre. Mais, dans sa présentation en plusieurs points, Muriel Pénicaud prend bien soin de passer sous silence les plus négatifs… Complétons donc.

Muriel Pénicaud aurait-elle la mémoire sélective ? Au moment de détailler, ce mardi 22 octobre dans la matinale de France Inter, les premières mesures de la réforme de l'assurance chômage qui entreront en vigueur dès le 1er novembre prochain, la ministre du Travail d'Emmanuel Macron a passé sous silence les dispositions purement régressives, pour les concernés, des nouvelles règles d'indemnisation…

LES "3 MESURES" DE PÉNICAUD

"Les mesures qui arrivent là, au 1er novembre, il y en a trois, détaille la ministre. Une première, qui est très attendue par les salariés je crois, c'est la capacité de démissionner pour se reconvertir, pour faire un projet professionnel". Et l'ancienne DRH de Danone de se féliciter : "Je crois qu'il y a beaucoup de gens qui n'en peuvent plus de leur travail, ou qui ont toujours rêvé de faire autre chose. Et donc là, on va donner cette liberté". Ultra-encadrée, cette liberté, mais dont acte.

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Les salariés peuvent démissionner et toucher le chômage

Les employés pourront, dès novembre 2019, bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi en cas de démission à condition d’avoir 5 ans d’ancienneté et de justifier d’un projet de reconversion professionnelle sérieux.

À partir du 1er novembre 2019, les salariés ayant au moins 5 ans d’ancienneté dans leur entreprise pourront prétendre aux allocations chômage, s’ils démissionnent pour réaliser un projet professionnel réel et sérieux, attesté par la commission paritaire interprofessionnelle régionale.

Nécessité d’un projet solide

Pour bénéficier de l’assurance chômage, le salarié doit poursuivre un projet de reconversion professionnelle, de création ou de reprise d’une entreprise.

Avant de démissionner, l’employé doit s’adresser à la commission paritaire interprofessionnelle régionale dont il relève en fonction de son lieu de résidence principale ou de son lieu de travail, afin qu’elle vérifie le caractère réel et sérieux du projet . Le dossier n’est recevable que si le salarié n’a pas quitté son emploi au jour de la demande.

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L'objectif «plein-emploi» du gouvernement renvoyé à plus tard

Selon les prévisions de l'OFCE, l'objectif affiché pour 2025 par Emmanuel Macron reste «atteignable» mais «peu probable» compte tenu de la conjoncture économique. Le gouvernement cible toujours un taux de chômage de 7% d'ici à la fin du quinquennat.

Le service communication de Bercy a bien fait de gommer la date. Jusqu’ici, le gouvernement promettait le «plein-emploi» pour «2025», à savoir un taux de chômage sous la barre des 5%. Mais sur le dossier du «Pacte productif pour le plein-emploi» distribué à la presse en début de semaine, il n’est plus fait mention d’une année cible en particulier… Et pour cause : si le taux de chômage (les ministres ne se privent pas de le répéter) est au plus bas depuis dix ans (8,5% de la population active selon l’Insee au deuxième trimestre), le ralentissement attendu des créations d’emplois dans les années qui viennent compromet cet objectif fixé par Emmanuel Macron fin avril lors de sa conférence de presse.

Bien en a pris aux services du ministère des Finances : selon les prévisions de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le «pari» du chef de l’Etat d’un taux de chômage à 7% en 2022 reste «atteignable» mais devient «peu probable». Selon le laboratoire de Sciences-Po, le gouvernement a moins d’une chance sur six d’y arriver et table davantage sur 8% fin 2021 et 7,8% en 2022. Et encore : c’est sous réserve d’un taux de croissance à 1,4% jusqu’à la fin du quinquennat, soit celui inscrit par le gouvernement dans son programme pluriannuel. Or l’OFCE, dans la lignée du FMI, prévoit plutôt un PIB en hausse de 1,3% l’an prochain et 1,2% en 2021 et 2022 pour boucler le quinquennat.

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Emploi des seniors : la Cour des comptes dénonce un «délaissement»

Alors qu'Edouard Philippe a promis un «nouveau souffle» pour inciter les entreprises à embaucher ou garder les plus de 50 ans, l'institution juge inefficaces les politiques menées jusqu'ici.

La Cour des comptes n’a pas fini de se mêler de la réforme des retraites. Après s’être intéressée aux régimes spéciaux en juillet et avoir, cette semaine, donné son avis sur les dispositifs existants permettant de partir plus tôt, elle a rendu public ce jeudi sa position sur les «fins de carrière». Ce référé, signé de son premier président, Didier Migaud, à destination d’Edouard Philippe, est très sévère sur le sort réservé à l’emploi des séniors et alerte sur «un risque de précarité» pour les plus de 50 ans «exclus du marché du travail», ce qui «coût[e]» à «la solidarité».

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