Pourquoi le chômage a si peu baissé en 2017

INTERVIEW - Malgré une forte croissance en 2017, le nombre de demandeurs d'emploi a peu baissé (-13 000 sur l'ensemble de l'année). Pour Bruno Ducoudré, économiste à l'OFCE, ce phénomène est dû à plusieurs facteurs dont la fin du plan de 500 000 formations supplémentaires mis en place par Hollande en 2016 et qui a pris en 2017.

Pourquoi le chômage ne baisse-t-il pas alors que la croissance du produit intérieur brut a atteint en 2017 2%?

Compte tenu de la forte croissance en 2017 et des créations d'emploi records (environ 200 000 postes), on pourrait s'attendre à une baisse significative du nombre de demandeurs d'emploi. Alors comment expliquer ce paradoxe ? Tout d'abord la crise a été profonde et a duré un certain temps. Du coup, un certain nombre de chômeurs se sont découragés et ont quitté les statistiques de l'Insee pour rentrer dans ce que l'on appelle le halo du chômage. D'ailleurs, cette statistique n'a cessé d'augmenter depuis la crise. Or avec la reprise économique, ces personnes qui étaient inactives reviennent peu à peu sur le marché du travail, ce qui dynamise la population active et donc freine la baisse du nombre de demandeurs d'emploi.

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Malgré la reprise, le chômage a stagné en 2017

En décembre, comme sur l'ensemble de l'année dernière, le nombre d'inscrits a Pôle emploi est resté quasi-stable. Une performance inquiétante, alors que la croissance devrait atteindre près de 2%.


Le nombre de demandeurs d’emploi a fini l’année 2017 sur une quasi-stabilité. Selon les chiffres de Pôle emploi, publiés ce mercredi, le nombre d’inscrits en catégorie A (sans activité) a baissé de 2 700 en décembre (-0,1%), en France métropolitaine. Sur trois mois, le recul est plus marqué, avec 24 000 chômeurs en moins (-0,7%). Stabilité également avec les catégories B et C (activité réduite), sur un mois comme sur trois mois.

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Chômage: Pôle emploi publie les derniers chiffres d'une année 2017 sans tendance

Le gouvernement dévoile mercredi le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi à fin décembre, dernière publication d'une année 2017 où les hausses ont succédé aux baisses, sans qu'aucune tendance ne se dessine clairement.

Après 2016, année de l'inversion de la courbe du chômage, 2017 n'aura pas été l'année de la confirmation.

Si l'indicateur de Pôle emploi a atteint, fin novembre, son plus bas niveau depuis fin 2014, il n'a connu qu'une baisse minime (-13.000, -0,4%) depuis début 2017. Au 30 novembre, l'opérateur recensait 3,45 millions de chômeurs (catégorie A) en métropole, 3,71 millions en incluant l'outre-mer.

La petite baisse n'a, en outre, pas profité à toutes les classes d'âge. Les jeunes ont vu leur situation s'améliorer (-4,8% de janvier à novembre), mais pas les seniors (+1,7%).

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La reprise, c’est oui, la baisse du chômage, c’est non

Malgré la croissance, le marché du travail s’enlise dans un chômage élevé. À court et à moyen terme, la baisse des emplois aidés, les difficultés à recruter de certains secteurs et les licenciements de salariés à l’approche de la retraite empêchent d’inverser la courbe.

« Une croissance à 2 %, 250 000 emplois créés dans le secteur marchand », annonce tout sourire le ministre de l’Économie Bruno Le Maire en regardant les bilans de 2017 et les perspectives encore plus optimistes pour 2018. Les sourires se crispent et les « éléments de langage » surgissent quand on pose la question fatidique à tous les membres du gouvernement : « C’est pour quand la baisse du chômage ? » On ne jure de rien.

Promesse du temps de Hollande, cet objectif reste à l’état de pari très prudent et très lointain dans l’équipe Macron. « Le chômage a augmenté de manière inattendue au troisième trimestre 2017. Nous prévoyons une baisse du chômage à l’horizon de la mi 2018, à 9,4 %, soit 0,1 point de moins qu’un an plus tôt », explique Julien Pouget, chef du département conjonctures à l’Insee.

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Allocation chômage : qui a droit à quoi ?

Syndicats et patronat ont commencé le 11 janvier les négociations sur la réforme de l’assurance-chômage.

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, la réforme de l’assurance-chômage est sur la table des négociations. Syndicats de salariés et du patronat se sont rencontrés, jeudi 11 janvier, pour discuter des objectifs donnés par le gouvernement : ouvrir les droits aux indépendants ainsi qu’à davantage de démissionnaires et agir contre la précarité.

Le système actuel a bénéficié à 3,6 millions de personnes, selon les chiffres de l’Unédic, l’organisme qui gère l’assurance-chômage, au 31 décembre 2016. Mais comment fonctionne-t-il ? Eclaircissements avec quelques cas pratiques.

Quelles conditions pour bénéficier de l’allocation chômage ?

Comme 37 % des allocataires, Virginie s’est inscrite à Pôle emploi au terme d’un CDD non renouvelé. Elle a enchaîné deux contrats d’une durée de trois mois et a cumulé plus de 88 jours travaillés. Grâce à l’assurance-chômage, elle aura le droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).

Car l’assurance-chômage est ouverte aux personnes qui ont perdu leur emploi de façon non volontaire, à la suite d’un licenciement, à la fin d’un CDD, d’une mission d’intérim ou d’une rupture conventionnelle. Elle est assortie de plusieurs conditions :

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Indemnités chômage : comment font nos voisins

Économie. C’est en France que les chômeurs sont le mieux et le plus longtemps indemnisés (jusqu’à 245 euros par jour et jusqu’à 36 mois). Où en est l’Europe ?

Allemagne. Le demandeur d’emploi très encadré
Taux de chômage : 3,6 %. Durée d’indemnisation : entre 6 et 24 mois. Montant maximal mensuel d’indemnisation : entre 2 412 et 2 620 euros suivant les Länder.

Première étape obligatoire pour un chômeur allemand, la signature d’un contrat d’insertion qui définit ses obligations : chercher du travail, accepter une offre d’emploi raisonnable et être suivi par un conseiller. Tout manquement est sévèrement sanctionné : jusqu’à 12 semaines d’allocations supprimées et la fin des allocations s’il y a récidive. Le demandeur d’emploi doit être joignable à tout moment en semaine ; il ne peut partir en vacances qu’après l’autorisation de son conseiller et doit présenter un certificat médical en cas d’absence.

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