Chômage: comment le gouvernement augmente la masse salariale de 8 milliards € annuels sans le dire

Muriel Pénicaud a présenté vendredi son projet de loi sur le chômage aussi baptisé « projet de loi pour la liberté de choisir un nouvel avenir professionnel ». Présenté initialement en retrait par rapport aux promesses d’Emmanuel Macron, il contient en réalité de nombreux germes de déstabilisation pour les entreprises, sans qu’on ait forcément le temps de bien en imaginer les conséquences. Par exemple, les mesures sur la formation augmentent mécaniquement la masse salariale de 8 milliards par an sans que personne ne semble l’avoir vu clairement.

La liberté de choisir un nouvel avenir professionnel est une expression qui sonne bien. Elle nourrit l’image très dix-neuvièmiste d’un prolétariat qui n’aurait pas pu choisir son destin et à qui l’État donnerait soudain une nouvelle chance. C’est une façon tentante de forger le mythe selon lequel l’État rebattrait les cartes que les entreprises piperaient. La posture de communication est intelligente même si, bien entendu, elle occulte totalement le rôle de l’Éducation Nationale dans la fabrique du chômage de masse aujourd’hui.

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PEUT-ON VRAIMENT CONTRÔLER LES CHÔMEURS ?

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, présente demain son projet de loi "avenir professionnel" réformant la formation professionnelle, l'apprentissage et l'assurance chômage. Concernant le contrôle des demandeurs d’emploi, Emmanuel Macron veut qu'ils soient plus surveillés et souhaite durcir les sanctions contre ceux qui ne recherchent pas activement du travail. Mais cette mesure nécessaire risque d’être difficile à mettre en place.

Un "contrôle journalier" des chômeurs ? Comme on pouvait s’y attendre, l’idée lancée à l’automne par Pierre Gattaz, le numéro 1 du Medef, a déclenché une bronca. "Ridicule !", s’est étranglé François Hommeril, président de la CFE-CGC. "Qu’il se taise !", a intimé en écho Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière. Quelques semaines plus tard, la fuite d’une note du gouvernement évoquant la simple possibilité de renforcer la surveillance de la recherche d’emploi et d’alourdir les sanctions associées déclenchait la même tempête. "Le seul but du pouvoir, c’est de rayer des gens pour dire que le chômage a diminué", fulmine Alexis Corbière, député de la France insoumise.

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Le gouvernement envisage de toucher au cumul chômage-emploi

EXCLUSIF + VIDEO. Le projet de loi sur les parcours professionnels ouvre la possibilité pour l'Etat « d'adapter » les règles de cumul allocations-revenus des chômeurs.

Déjà passablement irrités par les décisions prises en matière de contrôle des chômeurs et de gouvernance de l'Unédic , les syndicats ont trouvé un motif de mécontentement supplémentaire vis-à-vis du gouvernement.

Et pour cause : contrairement à ce qu'il a toujours assuré, rappellent-ils, l'exécutif se donne la possibilité de toucher aux allocations des chômeurs et plus précisément à celles des chômeurs qui exercent une activité réduite.

C'est ce qui ressort de l'exposé des motifs du projet de loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » auquel « Les Echos » ont eu accès. Précisément, l'article 33 du texte « ouvre la faculté de prendre des mesures par décret en Conseil d'Etat pour lutter contre la permittence ». C'est-à-dire contre la pratique de certaines entreprises qui emploient des personnes de manière permanente ou quasi-permanente via une succession de contrats très courts entrecoupés de périodes de chômage.

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Le gouvernement a trouvé la méthode : pour lutter contre le chômage, luttons contre les chômeurs !

Le ministère du Travail a présenté lundi 19 mars aux partenaires sociaux les mesures pour lutter contre le chômage. Il s’agit en fait de mesures contre les chômeurs : durcir les sanctions, diminuer ou supprimer les allocations, augmenter la durée d’exclusion, redéfinir l’offre raisonnable d’emploi…. et pour accentuer davantage la pression, ils auront l’obligation de renseigner mensuellement un rapport d’activité.

Après avoir imposé aux usagers de Pôle Emploi des modalités d’accès restreintes via l’outil digital, qui conduit chaque mois à exclure un grand nombre de chômeurs (radiations pour défaut d’actualisation). Le gouvernement passe à la vitesse supérieure, obligation est faite à Pôle Emploi de multiplier significativement les contrôles. Le nombre d’agents affecté à cette mission passera de 200 à 1000.

L’objectif n’est plus d’accompagner les chômeurs vers l’emploi mais vers la sortie de Pôle Emploi !

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Le chômeur, individu présumé coupable de ne pas rechercher un emploi

Au royaume de la « bienveillance », ce vade mecum du macronisme, les chômeurs sont présumés coupables de ne pas chercher un emploi qui souvent n’existe pas. Pourtant, on sait que les fraudeurs ne constituent qu’une infime minorité, évaluée à 0,4% des cas. On sait également que moins d’un chômeur déclaré sur deux est indemnisé et que nombre de sans-emploi sont exclus d’office des statistiques. Pas de quoi fouetter un chat de chômeur, donc.

Pourtant, Muriel Pénicaud a présenté un nouveau système pénalisant les demandeurs d’emploi incapables de prouver qu’ils ne cherchent pas activement du travail ou qui refusent une « offre raisonnable d’emploi ». Tout le problème est de savoir ce qui est « raisonnable » et ce qui ne l’est pas en termes de salaire, d’ancienneté, enfin de distance entre le domicile et le lieu de travail.

Désormais, les paramètres dépendront d’un échange entre le demandeur d’emploi et son conseiller Pôle Emploi. Le risque est de pas avoir les mêmes principes partout sur le territoire national et de transformer la réinsertion des chômeurs en élimination de ceux qui persistent à refuser n’importe quel boulot, dans n’importe quelles conditions et dans n’importe quel endroit.

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Chômage : les syndicats dénoncent la sévérité des nouvelles sanctions

VIDÉO. Si certaines sanctions seront allégées, les syndicats estiment que « l'accent est mis sur le contrôle » des chômeurs avec ces nouvelles mesures.

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